Santé – Sciences

Levothyrox : une trentaine de malades de la thyroïde ont manifesté à Villers-lès-Nancy

Par Marie Roussel, France Bleu Sud Lorraine dimanche 8 octobre 2017 à 9:30

Ces manifestants ont le sentiment d'avoir été pris pour des "cobayes".
Ces manifestants ont le sentiment d'avoir été pris pour des "cobayes". © Radio France - Marie Roussel

Une trentaine de malades de la thyroïde et usagers du Levothyrox ont manifesté devant le Centre d'assurance maladie à Villers-lès-Nancy. Depuis six mois la formule de leur médicament a été changée en catimini. Ils souffrent d'effets secondaires très lourds et dénoncent une opacité de l'Etat.

"Cobaye", le mot revient plusieurs fois dans la bouche de ces malades de la thyroide venus manifester leur mécontentement ce samedi 8 octobre devant le Centre d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle, à Villers-lès-Nancy. "Je ne suis pas une cobaye, et j'aimerais bien vivre en bonne santé" : voilà ce qui est écrit en gros sur la pancarte de Sylvie. Depuis six mois, elle aussi est victime d'effets secondaires. "On embête personne, on était stables, on était tous biens avec nos traitements. Et là, du jour au lendemain, tout est chamboulé."

Cette mère de deux enfants n'a pas encore bénéficié du retour de l'ancienne formule, le médicament n'est pas arrivé dans sa pharmacie. En attendant, elle a porté plainte. Ce que compte bien faire Marie-Georges, elle aussi malade. "On ne nous dit pas tout. Je compte ne pas en rester là. Il faut étudier tout ça, se regrouper et en parler avec les gens. Il faut absolument que ça bouge."

On se retrouve isolé, complètement

Marie-Georges a fait 50 kilomètres pour venir manifester à Villers-Les-Nancy. Dans son village près de Lunéville, elle s'est sentie bien seule. "Je n'ai que mon médecin, mon pharmacien. On ne peut pas communiquer sur la maladie et sur les effets secondaires. On se retrouve isolé, complètement." Comme elle, beaucoup de malades se rapprochent de l'Association française des malades de la thyroïde en Meurthe-et-Moselle pour effectuer une action collective.

"Depuis septembre, ça n'arrête pas ! s'exclame Sylvaine Baudino, la délégué lorraine de l'association. On était plus beaucoup d'adhérents, aujourd'hui on est plus de 4400. On est en train de constituer un dossier et tout sera envoyé en même temps. Et les gens peuvent encore nous envoyer leur plainte, il n'y a pas de soucis !"

En France le Levothyrox est utilisé par trois millions de Français.