Santé – Sciences

Lille : les infirmiers et aide-soignants dénoncent cadences infernales et plannings surchargés

Par Jean Saint-Marc, France Bleu Nord mardi 8 novembre 2016 à 17:40

Les infirmiers se sont d'abord rassemblés devant l'A.R.S.
Les infirmiers se sont d'abord rassemblés devant l'A.R.S. © Radio France - Jean Saint-Marc

Jusqu'à 200 infirmiers et aide-soignants ont manifesté ce mardi dans les rues de Lille, à l'appel de tous les syndicats et organisations professionnelles. Un rassemblement unitaire inédit en 28 ans pour protester contre les restrictions budgétaires et un "manque de reconnaissance". Témoignages.

"On n'est pas des machines", "infirmier fatigué = patient en danger", "les sous-effectifs ce n'est pas automatique" : les infirmiers et aide-soignants ont manifesté partout en France ce mardi. A Lille environ 100 personnes se sont réunies devant l'ARS en fin de matinée. 200 personnes ont ensuite défilé au départ du CHRU. Des rassemblements ont également eu lieu à Hénin-Beaumont et à Valenciennes.

"Sur un service de 19 personnes on cumule 3.500 heures supplémentaires par an. Cela représente deux postes" – Rémy Denys, infirmier à Béthune

Tous les syndicats et les 18 organisations professionnelles étaient réunis dans la rue : cela fait 28 ans que l'on n'avait pas vu une telle unité dans la profession. Et certains dans les cortèges manifestaient pour la première fois ! C'est le cas de Rémy Denys, infirmier de bloc opératoire à l'hôpital de Béthune : "notre bloc est vieillissant, ils avaient prévu des travaux mais faute de moyens tout est au point mort. Au niveau des effectifs on cumule 3500 heures supplémentaires par an. Cela représente deux postes, sur un service de 19 personnes."

Rémy Denys avec Jean Saint-Marc

Les plannings sont de plus en plus surchargés râlent les infirmiers : "on peut très bien travailler le lundi en journée, être appelé la nuit sur la permanence et revenir travailler le mardi en journée" témoigne Marc, lui aussi infirmier de bloc à Lille.

De nouvelles actions prévues

Des infirmières libérales étaient aussi dans le cortège. Si les infirmiers réclament, en plus de moyens supplémentaires, des augmentations de salaire... Elles réclament elles une nouvelle tarification, là aussi revue à la hausse. Françoise infirmière à Marcq-en-Baroeul : "une injection à domicile est facturée 4 euros 50... Avec 50% de charges faites-les comptes..."

Le ministère de la santé n'a proposé qu'un "groupe de travail" aux manifestants. L'intersyndicale va se réunir ce mercredi pour envisager de nouvelles actions, peut-être une grève générale et une manifestation centrale à Paris.