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Santé – Sciences

Lille : les Urgences du CHRU en surchauffe

vendredi 13 avril 2018 à 5:43 Par Stéphane Barbereau, France Bleu Nord

Le nombre de patients fréquentant les urgences cet hiver a bondi de 17% par rapport à l'an passé. Un chiffre qui s'explique par les épidémies hivernales qui tardent à partir, une organisation de l'hôpital à redéfinir et un manque de personnel selon les syndicats.

L'entrée des urgences au CHRU de Lille
L'entrée des urgences au CHRU de Lille © Radio France - Stéphane Barbereau

Lille, France

Les symptômes viennent du CHRU de Lille mais le mal, bien plus profond, concerne une bonne partie des hôpitaux des Hauts de France. L'hiver a été éprouvant pour les personnels soignants des services d'urgence. Patrick Goldstein, le chef du pôle de l'urgence au CHRU de Lille : 

Nous avons connu une crise réelle ces trois derniers mois, une crise sanitaire qui n'a pas été prise comme telle

Patrick Goldstein, le chef du pôle des urgences au CHR de Lille - Radio France
Patrick Goldstein, le chef du pôle des urgences au CHR de Lille © Radio France - Stéphane Barbereau

Ces tensions s'expliquent pour trois raisons : les épidémies hivernales ont été très intenses cette année (grippe, bronchiolites et gastro-entérite qui n'est toujours pas terminée dans les Hauts-de-France), l'organisation actuelle de l'hôpital semble à bout de souffle (il manque des lits en soins de suite, des patients restent donc coincés en réanimation ou aux urgences, ce qui rallonge les délais de prise en charge des patients pour ces patients) et le manque de personnel (selon les syndicats).

Les syndicats dénoncent une situation catastrophique

La fréquentation des urgences ne fait que croître. Frédéric Leplus, du syndicat Unsa, se rappelle de l'époque où il travaillait aux urgences en 1980 :"on voyait passer une centaine de patients par jour, aujourd'hui on en compte plus de 250". Un constat q'uil explique par l'augmentation de la population, bien sûr, mais aussi par une hausse de la précarité : "30% des patients n'ont franchement rien à faire aux urgences, c'est de la bobologie", ajoute le syndicaliste, également membre du conseil d'administration du CHRU de Lille.

Rudy Weiss est brancardier aux urgences et se souvient des moments de tension de ces dernières semaines : 

Il y a eu un patient qui a attendu 7 heures un médecin !

Rusdy Weiss, brancardier aux urgences du CHR de Lille - Radio France
Rusdy Weiss, brancardier aux urgences du CHR de Lille © Radio France - Stéphane Barbereau

Ces tensions aux urgences inquiètent les médecins, infirmières et aide-soignants pour les patients mais aussi pour eux-mêmes, selon Lydérim Boudersa, secrétaire général de FO Santé au CHRU de Lille

La prise en charge des patients devient de plus en plus dangereuse pour les patients et le personnel. Il y a 3 ou 4 médecins en arrêt pour burn-out

Lydérim Boursa, secrétaire général de FO Santé au CHR de Lille - Radio France
Lydérim Boursa, secrétaire général de FO Santé au CHR de Lille © Radio France - Stéphane Barbereau

Et FO Santé s'inquiète du plan d'économies annoncé par la direction qui veut combler au plus vite le trou de 30 millions d'euros dans le budget de l'établissement hospitalier lillois.