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Santé – Sciences

Lutte contre les violences à l'hôpital : plus d'un millier de personnels soignants à former à Vittel et Neufchâteau

lundi 23 avril 2018 à 5:09 Par Isabelle Baudriller, France Bleu Sud Lorraine

Comment lutter contre les violences en milieu hospitalier ? Au Centre hospitalier de l'Ouest Vosgien (CHOV), huit personnels soignants viennent d'être formés. Objectif : se protéger et protéger le patient. Charge à eux désormais de former tous leurs collègues, soit environ 1 200 personnes !

Après leur fusion, les hôpitaux de Vittel (un ancien hôtel reconverti) et Neufchâteau comptent environ 1 200 personnels soignants
Après leur fusion, les hôpitaux de Vittel (un ancien hôtel reconverti) et Neufchâteau comptent environ 1 200 personnels soignants © Radio France - Isabelle Baudriller

88800 Vittel, France

Huit salariés du Centre hospitalier de l'Ouest vosgien - qui regroupe depuis 2013 les hôpitaux de Vittel et Neufchâteau - viennent de suivre une formation pour parer au mieux à tout acte violent : insulte, menaces et jusqu'aux agressions physiques. L'initiative en revient à deux membres du CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de l'établissement, Sophie Dabonville, infirmière en soins continus polyvalents et Stéphane Leyemberger, aide-soignant aux urgences et conducteur SMUR. 

Sophie Dabonville et Stéphane Leyemberger et 6 autres collègues ont été formés à la méthode Grouille-Smolis - Radio France
Sophie Dabonville et Stéphane Leyemberger et 6 autres collègues ont été formés à la méthode Grouille-Smolis © Radio France - Isabelle Baudriller

Tous les services sont concernés selon eux et en particulier les urgences où patients et familles acceptent mal d'attendre. Les deux représentants du personnels ont donc alerté la direction et monté un comité de pilotage en janvier 2017. Car se faire invectiver, cracher dessus, mordre, tordre les doigts est devenu courant à en croire Stéphane Leyemberger. "Sauf", souligne-t-il, "que nous ne sommes pas préparés à ça. Nous sommes des soignants. Les études que l'on a faites, c'est pour soigner et aider les autres. Pas pour se faire agresser !" Sophie Dabonville exerce depuis quinze ans et pour elle, cette violence - de la part des patients mais aussi de leur entourage - s'est renforcée

Avant, c'était une claque ou un coup de poing. C'est déjà important mais il n'y avait pas d'objet contondant. Actuellement, il y a le couteau, la barre, la chaise avec l'intention de faire mal" - Sophie Dabonville, infirmière depuis quinze ans

D'où le recours à cette formation : la méthode Grouille-Smolis, mise au point en 1995 au CHU de Limoges et validée par le ministère de la Santé. Une méthode déjà enseignée à l'hôpital psychiatrique Ravenel de Mirecourt. Elle emprunte aux arts martiaux, à l'aïkido notamment. "Il s'agit de préserver l'intégrité morale et physique de la personne en état d'agitation. On est dans le soin et on doit y rester", explique Bernard Mariaux, l'un des formateurs de Limoges. "Et puis on apprend aux soignants à se protéger. J'en suis persuadé à 300% : quand on se protège, le coup n'a pas la même portée et on est beaucoup plus bienveillant à l'égard de la personne agitée." 

Paisible

Les huit personnels qui ont suivi l'enseignement de la méthode Grouille-Smolis vont être amenés à leur tour à former leurs collègues. Un projet au long cours puisqu'ils sont environ 1.200, tous métiers confondus au CHOV ! Premières formations programmées en octobre-novembre. Le dispositif pour éviter la violence en milieu hospitalier passe aussi par l'installation d'écrans d'information, de boutons SOS dans les services et bientôt de caméras de vidéosurveillance. Stéphane Leyemberger se veut rassurant : "l'hôpital est quand même un lieu principalement paisible !"