Santé – Sciences

Mais que se passe-t-il à la centrale nucléaire du Blayais ?

Par Rebecca Gil, France Bleu Gironde mercredi 28 octobre 2015 à 18:38

La centrale du Blayais fait face à de nombreux incidents
La centrale du Blayais fait face à de nombreux incidents © Maxppp

Depuis quelques années déjà, de nombreux incidents techniques se produisent à la centrale nucléaire du Blayais. Des incidents bénins pour la plupart, mais qui posent question sur la sécurité de cette centrale, l'une des plus anciennes en France.

Mais que se passe-t-il à la centrale du Blayais ? Sur ce site exploité par EDF à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bordeaux, on constate des incidents à répétition. Dernier en date: dimanche dernier, l'unité de production du réacteur numéro 4 a été totalement mise à l'arrêt après un incident au niveau de l'alternateur, il s'agirait d'une perte d'hydrogène. Et ce n'est pas la première fois que cela se produit. C'est le sixième incident cette année, sans compter qu'en juin dernier, deux incidents se sont succédé la même semaine. Pour rappel, en 2012 une cinquantaine d'incidents ont été relevés par l'ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire).

Ces incidents de catégorie 0 à 1 sur l'échelle INES de l'ASN sont considérés pour la plupart d'entre eux comme bénins, sans grande conséquence mais posent tout de même question sur la sécurité de ces réacteurs, tous les quatre installés entre 1981 et 1983, soit depuis plus de 30 ans. La plupart du temps, il s'agit de défaut de sécurité sur les installations, de petites négligences ou d'erreurs humaines.

Le fait que des incidents se produisent dans une centrale nucléaire n'est pas en soi quelque chose d'anormal 

— Paul Bougon, chef de la division bordelaise de l'Autorité de Sûreté Nucléaire

De son côté, l'Autorité de Sûreté Nucléaire tempère, par la voix du chef de la division bordelaise de l'ASN, Paul Bougon: "le nombre d'incidents n'est pas à lui seul un indicateur du niveau de sûreté d'une installation, il n'y a pas de relation directe de cause à effet entre le nombre d'incidents sans gravité et la probabilité que survienne un accident grave dans cette installation. De plus, ce qui est important, c'est que l'exploitant soit en mesure d'exploiter toutes ces défaillances, et d'en tirer les conséquences." En ce qui concerne le vieillissement des installations, il rassure encore: "nous nous assurons que l'exploitant maîtrise le vieillissement de ses installations, que les matériels sont toujours aptes à effectuer les tâches pour lesquelles ils ont été installés. Pour cela, une visite décennale menée par EDF a eu lieu entre 2012 et 2015 afin de comparer les exigences de sûreté de l'époque à celles d'aujourd'hui et si besoin mettre en place des améliorations pour se rapprocher des normes actuelles. Rien ne semblait anormal" 

Pour Paul Bougon, il n'y a pas de quoi s'inquiéter

En tout cas, il n'y a pas de quoi rassurer les associations antinucléaires qui continuent leur lutte pour la fermeture définitive de cette centrale. C'est le cas de Stéphane Lhomme à l'Observatoire du Nucléaire, qui regrette de ne pas être entendu sur ce point.