Santé – Sciences

Maladie de Lyme : le diagnostic en question

Par Juliette Micheneau, France Bleu Pays d'Auvergne mercredi 19 octobre 2016 à 9:05

La multiplication des tiques augmentent les contaminations à l'origine de la maladie de Lyme.
La multiplication des tiques augmentent les contaminations à l'origine de la maladie de Lyme. © Maxppp - Jean Francois Frey

130 malades, dont des Auvergnats assignent en justice deux laboratoires qui produisent le test pratiqué après une morsure de tique. Ce test est-il fiable ? Comment diagnostiquer au plus vite une maladie de Lyme ? Les réponses de notre invité, biologiste médical et spécialiste de ces infections.

C'est une maladie difficile à diagnostiquer mais de plus en plus fréquente : "Il y a de plus en plus de tiques. Réchauffement climatique, désertification agricole, augmentation du nombre de cervidés qui transportent les tiques... Donc plus de tiques, plus de morsures et plus de maladies de Lyme" explique Lionel Chapy, biologiste médical, spécialiste de cette maladie. Selon les régions on estime qu'en moyenne 20% des tiques sont porteuses de la bactérie Borellia, responsable de la maladie de Lyme.

Réécoutez l'invité : Lionel Chapy, biologiste médical, spécialiste de la maladie de Lyme et co-infections par la tique.

Après une morsure de tique, s'il y a eu contamination, a priori pas besoin de test biologique explique Lionel Chapy : "Deux à trois jours après la morsure se développe une plaque rouge qui s’agrandit et un traitement antibiotique en général suffit". Le problème c'est qu'on ne voit pas toujours qu'on a été mordu et que chez 30% des personnes, la plaque rouge n'apparaît pas. Dans ces cas là, impossible de repérer la contamination et les symptômes de Lyme arrivent parfois plusieurs mois voire plusieurs années après la morsure.

Un test controversé

C'est dans ces cas que le médecin peut demander un test, le fameux Elisa, aujourd'hui contesté en justice par 130 malades. "Ce test recherche des anticorps développés par le patient vis à vis de la bactérie Borellia", détaille le biologiste Lionel Chapy. "Tout test positif ou douteux doit être confirmé ou infirmé par un second test, le Western Blot, qui est lui, plus spécifique". Des tests, mais toujours pas de diagnostic : ils vont montrer un contact avec la bactérie mais pas forcément une maladie de Lyme active.

C'est là que les choses se compliquent pour les patients : il faut parfois des années pour mettre un nom sur leurs symptômes. Là où le test Elisa pose question selon Lionel Chapy, c'est sur le seuil positif/négatif définit par le fabriquant qui peut induire un faux résultat négatif, dans ces cas là, les autorités de santé recommandent d'en rester là, alors qu'un second test "Western Blot" aurait montré que le patient a bien été en contact avec la bactérie.

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