Santé – Sciences DOSSIER : Le dossier des cliniques privées du Nord Franche-Comté

Malgré la fermeture, les salariés de la clinique de Montbéliard veulent rester soudés

Par Pierre Coquelin, France Bleu Belfort-Montbéliard vendredi 30 octobre 2015 à 20:47

Les salariés veulent rester soudés
Les salariés veulent rester soudés © Radio France - Pierre Coquelin

La clinique de Montbéliard a fermé ses portes ce vendredi soir à 19 heures. Un rassemblement a été organisé symboliquement. Les derniers patients ont été transférés vers d'autres établissements. Les 104 salariés devraient recevoir leurs lettres de licenciement d'ici une quinzaine de jours.

14 heures 30. La dernière ambulance vient de partir : tous les patients ont été transférés vers d'autres établissements du secteur. Le dernier d'entre eux rentre du bloc opératoire. Devant la clinique, un petit groupe de salariés discute. Les portes de l'établissement ferment définitivement dans quelques heures. Un instant qu'elles redoutent. C'est une page qui se tourne : certains salariés sont là depuis près de 30 ans. A l'image d'Isabelle, agent hospitalier depuis 28 ans, d'abord à la Citadelle puis aux Portes du Jura, des sanglots dans la voix :

Je suis arrivée en même temps que les murs. C'est très dur. On attend la cellule psychologique parce que faut que tout sorte. On a la haine. On est encore sous le choc. Dans 15 jours, il n'y aura pas de réveil à mettre le matin..."

"Vous vous rendez compte, ne plus avoir de boulot, alors qu'on a des crédits, Noël approche", confie une infirmière. La liquidation de la clinique montbéliardaise a été prononcée le 27 octobre.

Dans cette ambiance pesante, ponctuée de larmes, les patients eux-aussi veulent témoigner de leur soutien. Jacqueline, de Colombier-Fontaine : "ça fait des années que je viens là. J'ai toujours été bien soignée et chouchoutée. C'est une honte", se lamente-t-elle.

"Serment d'hypocrites" contre serment d'Hippocrate

Les 104 salariés devraient recevoir leurs lettres de licenciement dans une quinzaine de jours. En attendant, ils vont devoir tout de même venir à la clinique. Il n'y aura plus d'opérations, mais ils vont ranger, faire des cartons. "Faire acte de présence", comme explique Fatiah, aide opératoire.

Un personnel qui s'estime "sacrifié sur l'autel du fric". L'un d'entre eux résume : "on a eu le droit plus au serment d’hypocrites qu'au serment d'Hippocrate". Avec la disparition de la clinique, c'est l'offre de soins privés qui s'éteint dans le Pays de Montbéliard. D'autant que dans un an, l'hôpital public fermera ses portes lui aussi avec le regroupement à l'hôpital médian de Trévenans.

Mais les salariés veulent garder espoir : ils envisagent de créer une association dans les prochains jours. "On a été voir les politiques. On va se battre. On veut vraiment une offre de soins privés sur le Pays de Montbéliard", commente Fatiah. Des salariés qui ont rencontré ce vendredi le vice-président de région et maire de Grand-Charmont Denis Sommer. De son côté, la directrice de la clinique, Grazyna Hadamik, estime que ce n'est "pas fini" et qu'un projet va naître prochainement.

Beaucoup de pleurs pour ce dernier jours à la clinique de Montbéliard  - Radio France
Beaucoup de pleurs pour ce dernier jours à la clinique de Montbéliard © Radio France - Pierre Coquelin