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Santé – Sciences

On manque d'ovules et de sperme en Bourgogne-Franche-Comté

mercredi 1 novembre 2017 à 17:13 Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne

Pour répondre aux besoins, il faudrait 1 400 dons d'ovocytes et 300 dons de spermatozoïdes chaque année en France. Dans notre région, en 2015, 17 femmes et 10 hommes ont donné leurs ovocytes et leurs spermatozoïdes. Ce qui a permis la naissance de 30 enfants.

Ces tubes contiennent du sperme pou une fécondation in vitro - Illustration
Ces tubes contiennent du sperme pou une fécondation in vitro - Illustration - MELANIE FREY/JDD/SIPA

Dijon, France

Alors que 10 à 15% des couples seraient touchés par des problèmes d'infertilité dans notre pays. L'Agence de Biomédecine lance, du 2 au 26 novembre 2017, une nouvelle campagne pour vous inciter à donner des ovocytes et des spermatozoïdes. L'objectif c'est d'aider ces couples à avoir un enfant. Pour répondre aux besoins, on estime que 1 400 dons d'ovocytes et 300 dons de spermatozoïdes seraient nécessaires chaque année en France. Mais on en est loin.

En 2015, dans notre pays, seules 540 femmes et 255 hommes ont donné*. Ces dons ont permis 1227 naissances. Dans notre région -toujours en 2015- 17 femmes ont fait un don d'ovocytes tandis que 10 hommes ont donné leur spermatozoïdes. Ce qui a permis la naissance de 30 enfants.

Le professeur Paul Sagot - Radio France
Le professeur Paul Sagot © Radio France - Thomas Nougaillon

Qui peut faire un don ?

Quelles sont les conditions pour donner? Le professeur Paul Sagot, chef du service Gynécologie-Obstétrique, Médecine Foetale et Stérilité Conjugale au CHU de Dijon : "Pour les femmes il faut un âge maximum de 37 ans, pour les hommes il faut un âge maximum de 45 ans. Par contre il n'y a plus l'obligation d'avoir eu un enfant pour donner". En revanche des examens sont nécessaires pour faire un don. "Ce sont des examens qui visent à vérifier que le fonctionnement des ovaires ou des testicules est correct et qu'il n'y a pas de risques au plan viral".

Le professeur Paul Sagot

La loi a évolué, les donneurs peuvent désormais conserver une partie de ce qu'ils donnent

Le professeur Patricia Fauque est responsable du Centre d'Assistance Médicale à la Procréation et du Centre d'Études et de Conservation des Oeufs et du Sperme (CECOS) au CHU de Dijon. Elle évoque l'un des avantages réservés aux donneurs. "Il y a eu une évolution réglementaire qui permet aux donneurs ou aux donneuses de conserver leurs gamètes pour eux mêmes, c'est aussi une possibilité qu'ils ont désormais". Des gamètes qui sont stockées dans les locaux du CHU dans des cuves d'azote liquide au cas où ils aient eux aussi à faire face à un soucis de fertilité dans le futur.

Deux à trois ans d'attente pour les couples qui attendent un don

Les couples de receveurs doivent s'armer de patience. "Le délai, dû la demande très importante et à la pénurie de donneurs et de donneuses, peut aller de deux ans à trois ans avant une prise en charge" selon le professeur Patricia Fauque. C'est surtout concernant les donneuses que les besoins se font le plus sentir. "Il en faudrait au moins le double, ça faciliterait la prise en charge de ces couples qui malheureusement quelques fois sont condamnés de se rendre à l'étranger car ils ne peuvent pas attendre les délais impartis en France ce qui est vraiment problématique pour nous" conclut la praticienne dijonnaise.

Le professeur Patricia Fauque

Le professeur Patricia Fauque - Radio France
Le professeur Patricia Fauque © Radio France - Thomas Nougaillon

Le témoignage d'une Dijonnaise qui a donné ses ovocytes

Émilie, une Dijonnaise, qui a souhaité garder l'anonymat fait partie de ces femmes qui ont donné. C'était en 2015, à l'époque elle avait 36 ans. "Une de mes amis est venue me voir pour me dire qu'elle était en ménopause précoce et qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfants. Du coup nous nous sommes rendues chez le médecin pour voir s'il était possible que mon dossier soit accepté". Et il l'a été. Un acte dont cette Dijonnaise se dit "fière". "Je considère qu'on est un peu des anges gardiens pour ces gens là, c'est vrai que c'est une telle tristesse de savoir qu'on ne peut pas avoir d'enfants".

Le prélèvement des ovocytes en lui même n'est pas douloureux nous dit Émilie : "de toute façon cela se fait sous anesthésie générale". Pour des raisons d'anonymat, le don d'Émilie ne pouvait pas servir à son couple d'amis. "Du coup mes ovocytes sont allés à un autre couple, je ne sais pas si au final, cela a permis de donner naissance à des enfants ou pas. Mais concernant mes amis, eux ont pu en avoir un, donc je suis très contente".

Émilie nous dit pourquoi elle a décidé de donner ses ovocytes

Comment se passe le traitement avant le prélèvement? Émilie nous raconte.

En France les dons sont très encadrés par la loi

En France le don est anonyme, gratuit et volontaire. Pour répondre à toutes les questions que vous pourriez vous poser au sujet des dons, deux sites internet :

Vous y trouverez également les coordonnées du centre de don le plus proche de chez vous. Dans notre région il y en a deux : le CHU de Besançon et le CHU de Dijon. Le CHU de Dijon où le Centre Universitaire de Traitement de la Fertilité possède un agrément pour les inséminations intra-utérines, les fécondations in vitro ou encore le don de sperme et le don d'ovocytes. Avec, là aussi, un site internet pour vous faciliter la vie. Celui du Service d'Aide Médicale à la Procréation : www.amp-dijon.fr.

Le CHU de Dijon est l'un des deux endroits de Bourgogne-Franche-Comté où il est possible de donner ses gamètes  - Radio France
Le CHU de Dijon est l'un des deux endroits de Bourgogne-Franche-Comté où il est possible de donner ses gamètes © Radio France - Thomas Nougaillon

*540 femmes en 2015 c'est assez peu mais c'est tout de même une hausse de 8 % par rapport à 2014. Chez les hommes, 255 ont donné des spermatozoïdes ça correspond à une hausse de 7% par rapport à 2014.

**Dans notre région en 2015, 10 enfants sont nés grâce à un dons d'ovocytes et 20 grâce à un don de spermatozoïdes.