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Santé - Sciences

Fuite des personnels hospitaliers au Luxembourg : "il faut des trésors d'imagination pour trouver des parades"

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Par , France Bleu Lorraine Nord

Les hôpitaux mosellans manquent de personnel, et pour cause : le Luxembourg tout proche paye beaucoup mieux, et selon certains salariés, les conditions de travail y sont meilleures. La directrice du CHR de Metz-Thionville, Marie-Odile Saillard, expose le problème, et ses solutions.

Marie-Odile Saillard, directrice du CHR Metz-Thionville
Marie-Odile Saillard, directrice du CHR Metz-Thionville © Radio France - Pierre HECKLER

Moselle, France

Comment lutter contre la fuite des personnels hospitaliers au Luxembourg ? Les salaires y sont au moins deux fois plus élevés, la tension sur les effectifs est moindre : résultat, selon certains chiffres, un tiers des jeunes infirmiers formés en Moselle, par exemple, partent travailler au Grand-Duché. Avec un effet de cercle vicieux sur notre territoire : des postes non pourvus, des conditions de travail qui se dégradent du fait du manque d'effectifs.

Quand vous avez un SMIC à 1.200 euros en France et près de 2.000 euros de l'autre côté de la frontière, vous vous doutez bien que j'ai même du mal à trouver des femmes de ménage !

Une attraction mécanique et "indéniable", selon Marie-Odile Saillard, directrice du CHR de Metz-Thionville : "Quand vous avez un SMIC à 1.200 euros en France et près de 2.000 euros de l'autre côté de la frontière, vous vous doutez bien que j'ai même du mal à trouver des femmes de ménage !". Elle l'admet : "en France, on a un sérieux sujet autour des conditions de travail. Un sujet national, qu'on a vu se dégrader depuis plusieurs décennies. On a accepté d'avoir des charges de travail qui augmentent de manière considérable".

On a progressivement dédouané la médecine libérale d'un certain nombre d'obligations, en particulier sur les périodes où ce n'est pas drôle de travailler.

La directrice du CHR pointe notamment du doigt la médecine libérale "qui fait son boulot - la journée, mais qu'on a progressivement dédouané d'un certain nombre d'obligations, en particulier sur les périodes où ce n'est pas drôle de travailler, la nuit, le week-end, les jours fériés. Donc, évidemment, tout arrive chez nous."

Des effectifs en faible augmentation et une "très grosse pression" sur le nombre de lits

Ajoutez à cela "des effectifs qui n'ont pas beaucoup augmenté, et une très grosse pression sur les lits, que nous devons réduire - quand on parle de lit, on parle d'encadrement en personnel. Un lit pour moi, c'est l'équivalent de trois infirmières, un demi-médecin. Un lit, ça représente une charge pour la communauté publique", explique Marie-Odile Saillard.

Salaires et conditions de travail à améliorer

Pour endiguer le phénomène, le CHR a mis par exemple en place une prime à l'embauche de 2.000 euros pour les infirmiers. Mais visiblement, ça ne suffit pas. "On a plein d'autres idées", promet Marie-Odile Saillard, sans toutefois en dévoiler la teneur. "Mais au delà de l'argument financier, cela passe peut-être aussi par une réorganisation du temps de travail.

Un "restaurant panoramique" et une salle de sport pour les salariés de Bel-Air à Thionville

Elle évoque aussi, sur le territoire de Thionville, "de gros investissements", "la maternité, les façades et leur isolation thermique", mais aussi "tout le huitième étage" de l'hôpital Bel Air : "C'est un endroit superbe, où l'on aurait pu mettre un restaurant panoramique - il existera certainement mais il sera pour le personnel. J'ai aussi émis le souhait d'y forger une salle de sport, un espace là aussi à disposition des salariés.

Trouver des idées "sans sortir des clous" du public

Marie-Odile Saillard rappelle aussi que pour une structure publique, "il faut développer des trésors d'imagination pour trouver des idées qui, sans sortir des clous, nous permettent de trouver des parades. Le plan que la ministre de la Santé a dévoilé répond en partie à la problématique, mais pas complètement."

Marie-Odile Saillard, invitée de France Bleu Lorraine

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