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Santé – Sciences

Médecins : l'abandon du numerus clausus serait-il une bonne solution dans l'Yonne ?

mercredi 10 janvier 2018 à 20:20 Par Charlotte Lalanne-Labeyrie, France Bleu Auxerre

Le gouvernement envisage de réformer le numerus clausus pour les médecins, notamment pour lutter contre les déserts médicaux, comme l'Yonne : le département ne compte que 71 généralistes pour 100 000 habitants.

Dans l'Yonne, il n'y a que 71 médecins généralistes pour 100 000 habitants (Photo d'illustration)
Dans l'Yonne, il n'y a que 71 médecins généralistes pour 100 000 habitants (Photo d'illustration) © Maxppp -

Comment faire face à la pénurie de médecins ?  L'Yonne ne compte que 71 généralistes pour 100 000 habitants.  Alors pour lutter contre les déserts médicaux, le gouvernement envisage une réforme du numérus clausus, ce dispositif qui fixe chaque année le nombre de places ouvertes au concours de fin de première année de médecine. Emmanuel Macron en avait fait la promesse en campagne, le dossier revient cette semaine sur le bureau de l’Élysée. 

Pas de solution miracle 

Objectif : faire sortir plus de médecins des bancs de l'université, mais encore faut-il que ces nouveaux praticiens viennent s'installer dans l'Yonne, explique Alain Miard, président de l'Ordre des médecins du département : 

"Ce n'est pas parce qu'on mettra le double de médecins au numerus clausus qu'on aura réglé le problème de démographie dans l'Yonne"

L'attractivité reste le problème numéro un selon lui : "Il faut rendre le métier dans l'Yonne, le cadre de vie et le département attractif à tous les niveaux. Au 1e janvier, on a perdu 6 généralistes dans le département, alors qu'en deux ans il y a eu 700 médecins supplémentaires au numérus clausus."

A Gron, impossible de trouver un médecin

Le nord de l'Yonne est particulièrement touché par cette désertification. On cherche depuis des mois, parfois des années, notamment à Paron ou à Gron, où la pharmacienne Nadia Lanciaux en a fait son cheval de bataille. "

"Je suis allée à l'hôpital de Sens pour rencontrer de jeunes internes, j'ai mis une annonce chez un chasseur de tête de médecins, on a rien trouvé." Résultat : "plusieurs centaines de personnes se retrouvent sans médecin traitant" d'après elle. "Il y a des gens qui ont des cancers et qui ne veulent plus se battre" affirme-t-elle.

"Un patient atteint d'un cancer m'a dit : Paris c'est trop loin, si on ne veut pas de moi, je ne me soignerais pas, je me laisserais mourir."

Alors faut-il aller plus loin que la suppression du numerus clausus ? C'est l'avis de Dominique Vérien, sénatrice icaunaise et présidente de l'association des maires ruraux de l'Yonne : "Je suis pour un encadrement modéré : imposer aux jeunes diplômés de s'installer 3 à 5 ans dans un secteur sous doté." 

Limiter la liberté d'installation des médecins, des députés Nouvelle Gauche ont fait une proposition de loi en ce sens, rejetée le 10 janvier par une majorité de parlementaires. 

Supprimer le numerus clausus, ce n'est pas le remède miracle dans l'Yonne