Santé – Sciences

Médicaments génériques : la défiance règne encore en Berry

Par Marc Bertrand, France Bleu Berry lundi 3 octobre 2016 à 18:09

Les génériques ne représentaient en 2013 qu'un tiers des médicaments remboursés, contre la moitié en Allemagne et les deux-tiers aux Pays-Bas.
Les génériques ne représentaient en 2013 qu'un tiers des médicaments remboursés, contre la moitié en Allemagne et les deux-tiers aux Pays-Bas. © Maxppp - Sébastien Jarry

Le ministère de la santé lance une campagne d'information sans précédent pour lutter contre la défiance envers les médicaments génériques. Si huit français sur dix les utilisent aujourd'hui, beaucoup n'ont pas entièrement confiance en leur efficacité.

Les génériques, ce sont des médicaments identiques à ceux des marques, mais moins chers pour les patients... et pour l'assurance maladie. Et pourtant, une partie des patients mais aussi des médecins ont encore aujourd'hui moins confiance en ces médicaments.

"Encore trop de Français et de professionnels de santé continuent de s'interroger sur les médicaments génériques" Marisol Touraine, ministre de la Santé

Une affiche d'information, dans une pharmacie de Châteauroux - Radio France
Une affiche d'information, dans une pharmacie de Châteauroux © Radio France - Marc Bertrand

Une campagne à la télévision et la radio

Pourtant, les génériques contiennent "la même molécule, le même principe actif que les autres médicaments", assure Bruno Touratier, pharmacien à Argenton-sur-Creuse. "Ils sont soumis aux mêmes règles et aux mêmes contrôles des organismes qui surveillent les médicaments". Seul potentiel changement : les excipients, ces additifs qui changent la couleur ou la forme du médicament... "Mais le plus souvent, c'est de l'amidon ou de la farine de blé !", assure le pharmacien.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a donc lancé fin septembre une grande campagne nationale pour combattre les freins qui subsistent chez une partie du public. Un spot TV sera diffusé sur les chaînes nationales du 27 septembre au 18 octobre, suivi de spots radios donnant la parole à des experts et des professionnels de santé pendant trois semaines à partir du 22 octobre.

Attention à la couleur des pilules !

Le degré de confiance accordé aux génériques reste modéré chez les Français, selon un sondage BVA. Le grand public leur donne une "note de confiance" de 6,8/10, contre 6,6/10 chez les médecins et 8,7/10 chez les pharmaciens. "On a toujours des réticences importantes de la part des patients qui veulent le "vrai" médicaments. Ils disent qu'ils ont des effets secondaires", selon Christine Daguet, pharmacienne à Châteauroux.

Selon elle, le véritable souci est plutôt que "chez les patients âgés, passer d'un médicament blanc à un générique qui va être vert ça peut porter à confusion, surtout chez ceux qui ont des polypathologies et donc prennent plusieurs médicaments chaque jour". Pour elle, c'est la raison pour laquelle certains médecins continuent de ne pas prescrire de médicaments génériques, en marquant "non-substituable" à côté du nom du médicament sur l'ordonnance. Car si ce n'est pas écrit, le pharmacien est obligé de proposer le générique !

La solution au trou de la sécu ?

Selon le ministère de la santé, les médicaments génériques ont permis à la sécurité sociale d'économiser 7 milliards d'euros en cinq ans, le prix plus faible des médicaments entraînant des remboursements plus faibles de l'assurance maladie. Selon Marisol Touraine, ils permettront encore 300 à 350 millions d'euros d'économie dans les trois prochaines années.

Avec le "virage ambulatoire" et les économies sur le fonctionnement des hôpitaux, le développement des génériques est l'un des piliers sur lesquels s'appuie la ministre pour se targuer d'avoir "sauvé la sécu". Elle promet de ramener le solde du régime général quasiment à l'équilibre en 2017, au prix d'économies drastiques sur le système de santé.

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