Santé – Sciences DOSSIER : Les migrants de Calais

Migrants : l'hôpital de Calais s'adapte

Par Matthieu Darriet, France Bleu Nord et France Bleu mercredi 23 mars 2016 à 9:00

L’hôpital de Calais a été inauguré pour les JO de Londres, en 2012
L’hôpital de Calais a été inauguré pour les JO de Londres, en 2012 © Maxppp -

Les rumeurs racontent que l'hôpital de Calais est saturé par les migrants qui seraient prioritaires aux urgences. Des services entiers seraient également fermés pour cause d'épidémies. Rien de tout cela, en réalité, mais l'hopital s'est adapté.

Saturé et infréquentable. Tel serait devenu l'hôpital de Calais, en raison de l'afflux de migrants. Ces messages très négatifs sont remontés via les médecins généralistes qui racontent que leurs patients ne veulent plus aller sur Calais, qui est pourtant un hôpital tout neuf.

A l’hôpital de Calais, il y aurait des services fermés pour cause d’épidémies, de rougeoles, grippes et autre tuberculoses. Ce qui est entièrement faux, répond le Docteur Sylvie Joron, la responsable de l’hygiène à l’hôpital.

Nous n'avons pas du tout de cas particulier d'épidémies, ni dû à la population migrante, ni dû aux Calaisiens. Nous n'avons pas non plus de germes très résistants, comme ceux qui commencent à poser problème dans certains hôpitaux de la région.

La présence en nombre de migrants aurait aussi saturé l’hôpital et ses urgences, au détriment des Calaisiens, dit aussi la légende urbaine. Ils ne représentent pourtant que 4% des séjours à hôpital et ils ne sont pas prioritaires, c’est ce que réplique l’urgentiste Rémi Dumont, patron des médecins de l’hôpital.

La hiérarchisation des prises en charge au sein du service des urgences de Calais repose sur des critères de degrés d'urgence de la pathologie du patient, comme dans tous les établissements de France.

L'hôpital de Calais a dû s'adapter

Ces derniers mois, l’Etat a pris le relais des associations (Médecins du Monde et Médecins sans frontières), avec installation d’un dispensaire au centre Jules-Ferry. Cette permanence d'accès au soins (PAS) permet une centaine de consultations par jour.

Et l’hôpital s’apprête à ouvrir, sur place, un centre de soins de suite. 16 lits pour les migrants qui ne peuvent pas, comme les Calaisiens, repartir chez eux, après une hospitalisation. L’hôpital a reçu une subvention de 635 000 euros de l’Etat.