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Santé – Sciences

Mobilisation dans le Pays Châtillonnais, pour sauver le laboratoire d’analyses de l’hôpital

jeudi 8 mars 2018 à 21:02 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

700 personnes ont manifesté ce jeudi après-midi à Châtillon-sur-Seine. Une mobilisation massive pour défendre l'hôpital local. l’Agence régionale de santé, souhaite y fermer cette année le laboratoire d'analyses biologiques au motif notamment que son activité est en baisse depuis plusieurs années.

Des cercueils portant le nom de services menacés, des slogans comme "le monde rural va crever". Les manifestants ont défendu leur hôpital.
Des cercueils portant le nom de services menacés, des slogans comme "le monde rural va crever". Les manifestants ont défendu leur hôpital. © Radio France - Jacky Page

Châtillon-sur-Seine, France

« Le laboratoire de biologie médicale de Châtillon fait face à une perte d’activité importante depuis plusieurs années, des besoins d’investissements et une fragilité de l’équipe biologique ». C’est en ces termes que L'ARS, l’Agence régionale de santé, justifie d’avoir demandé une réorganisation au centre hospitalier. En clair, le laboratoire de Châtillon-sur-Seine serait fermé dès cette année, au profit d’un rapprochement avec celui du centre hospitalier de Semur-en-Auxois. Une telle organisation précise l’ARS, fonctionne déjà dans d’autres sites de la région, comme Avallon et Clamecy, et a fait la preuve de son efficacité.

Un laboratoire d'analyses accessible à tous

Le personnel de l’hôpital de Haute Côte-d’Or ne veut pas en entendre parler. Et il a reçu ce jeudi 8 mars le soutien massif de la population et des maires du Pays Châtillonnais, venus nombreux, ceints de leurs écharpes tricolores. A commencer par Hubert Brigand. Le maire de Châtillon-sur-Seine a pris la parole pour exhorter les habitants à faire réaliser leurs analyses médicales dans ce laboratoire de service public : «il y a en moyenne 5 passages par jour de clients particuliers comme nous. Le laboratoire peut en absorber 20, 25, 30. Si dans les semaines qui viennent le message passe partout, c’est du chiffre d’affaires qui va arriver, et faire diminuer le déficit de 150.000 euros. »

Message reçu cinq sur cinq par un couple de manifestants. Guy, diabétique, qui doit faire réaliser régulièrement des analyses de sang, se rendra dorénavant au labo de l’hôpital. Son épouse, Brigitte, en a eu tout récemment besoin : « je suis venue aux urgences pour un problème de cœur, et j’ai eu besoin d’une prise de sang. Heureusement l'analyse a été faite sur place, sinon s’il fallait l'envoyer ailleurs, je ne sais pas où je serais maintenant ». 

Parmi la foule, beaucoup de maires ceints de leur écharpe tricolore - Radio France
Parmi la foule, beaucoup de maires ceints de leur écharpe tricolore © Radio France - Jacky Page

Si ce service est supprimé, d'autres seraient-t-ils fragilisés ?

En cas de fermeture du laboratoire châtillonnais, où travaillent 9 personnes, des appareils automatiques mis en oeuvre par les infirmières, se chargeraient des analyses les plus basiques. Pour les autres, les échantillons seraient envoyés à Semur-en-Auxois à 50 kilomètres de là mais près d’une heure de route. « le temps que le sang soit analysé dans le laboratoire de Semur, on n’aurait pas les résultats avant deux heures », explique Annick Marcos, infirmières aux urgences et déléguée du personnel CGT. Le personnel estime que sans laboratoire sur place, le service des urgences de l'hôpital serait fragilisé, moins performant, et finirait par être menacé à son tour, première conséquence d’un effet domino.

Pascale De Bernard est la responsable du site de Châtillon. Elle est aussi chargée des finances du Centre Hospitalier de Haute Côte-d'Or. Au micro devant la foule, elle a évoqué le pire scénario qu'une disparition du laboratoire d'analyses ferait courir à l'hôpital : la baisse d’activité sur les services de médecine. « Les deux unités de médecine dégagent un excédent d’environ 600.000 €. La fermeture d’une unité provoquerait un déficit d’un million d’euros. » Des arguments qu’une délégation de médecins hospitaliers doit aller défendre dans les prochains jours auprès de l’ARS.