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Santé – Sciences

"Mon métier, c'est d'embellir les défunts" : rencontre avec un thanatopracteur poitevin

mercredi 1 novembre 2017 à 6:12 Par Fanny Bouvard, France Bleu Poitou

Ce sont des artisans dont on parle rarement. Les thanatopracteurs travaillent chaque jour dans l'ombre à embellir les corps des défunts. Alexandre Douteau, 28 ans, est installé dans la Vienne depuis huit ans et travaille maintenant avec plusieurs collaborateurs.

Alexandre Douteau devant son fourgon.
Alexandre Douteau devant son fourgon. © Radio France - Fanny Bouvard

Couhé, France

Au volant de son fourgon, Alexandre Douteau parcourt chaque jour la Vienne et les départements limitrophes. Chemise à carreau et doudoune sans manche sur le dos, il ressemble plus à médecin de campagne qu'à un croque-mort. Heure par heure, les pompes funèbres l'informent du prochain lieu d'intervention. Une morgue, une maison de retraite, un funérarium ou le domicile du défunt. Avec ses collaborateurs, ils se déplacent dans la Vienne, la Haute-Vienne, dans les Deux-Sèvres ou encore en Charente."Nous pouvons être appelé sept jours sur sept, raconte le jeune homme de 28 ans. Si une personne décède dans la matinée, ses proches auront sûrement envie de la voir dans l'après-midi, alors on intervient le plus vite possible."

Beaucoup de soins et aucune erreur

Alors dans son fourgon noir, Alexandre Douteau transporte tout le nécessaire. "A l'arrière, j'ai toujours mes valises, mes produits, mes instruments, mes tenues, mes protections..." détaille-t-il avec beaucoup de douceur dans la voix. "Je ne dois rien oublier car dans ce métier, nous n'avons pas le droit à l'erreur. Nous intervenons une seule fois et c'est la dernière image que les proches garderont de leur défunt".

Cela fait maintenant huit ans qu'Alexandre est thanatopracteur, installé à Couhé, dans le Sud de la Vienne. Il connait chaque geste, chaque soin, chaque habitude de ses clients, les pompes funèbres. "Les gens se posent toujours beaucoup de questions sur notre métier, concède-t-il. Ils pensent qu'on fait des piqûres mais ça n'est pas le cas. Nous faisons un 'soin d'hygiène et de présentation'. C'est l'injection d'un liquide à base de formol par voie intra-artérielle. Neuf litres de ce liquide aseptique et conservateur. C'est beaucoup ! Nous devons donc procéder également à une ponction des liquides et gaz présents dans l'organisme." Avant cela, Alexandre manipule le corps. Il ferme les yeux, la bouche, il rase et nettoie le défunt. "Nous le rendons le plus beau possible pour la famille et ce jusqu'aux obsèques."

Un métier passion, découvert à l'âge de 16 ans

Ce n'est ni un attrait pour la mort, ni une passion pour le macabre qui ont poussé Alexandre à choisir ce métier. "En fait, mon voisin était thanatopracteur, se souvient-il. Je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais j'ai voulu comprendre ce qu'il faisait. Il m'a jugé apte à observer des soins... Après plusieurs mois, j'ai su que je voulais en faire ma profession." Pour autant, il ne sait pas encore s'il restera dans le métier toute sa vie. "Il y a un très gros turn-over, car le métier est très fatigant. Les chiffres datent un peu, mais en moyenne les femmes restent en poste de deux à trois ans, les hommes de quatre à cinq ans." Le jeune homme insiste d'ailleurs, c'est grâce à l'équipe qui l'entoure qu'il peut tenir le rythme.