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DOSSIER : Coronavirus Covid-19

Mort du docteur Loupiac, victime du Covid : un an après, sa veuve attend toujours des explications

Un an après la mort du Dr. Eric Loupiac, urgentiste à l'hôpital de Lons-le-Saunier, sa veuve, Claire Loupiac se confie au micro de France Bleu Besançon. Son deuil, sa vie avec le covid, son dépôt de plainte pour homicide involontaire...elle attend des explications.

Le Dr. Eric Loupiac, urgentiste à Lons-le-Saunier est mort du covid le 23 avril 2020. Il avait attrapé le virus à l'hôpital, début mars 2020. Depuis, sa veuve, Claire Loupiac a porté plainte contre X pour homicide involontaire. Pour elle, c'est l'hôpital qui n'a pas su protéger son mari.

"Je n'en veux à personne, ce que je veux, ce sont des explications", explique Claire Loupiac, 58 ans,d'une voix fluette, presque éteinte. Ce qui frappe en rencontrant la veuve du Dr. Eric Loupiac, c'est son chagrin. Depuis la mort de celui avec qui elle a partagé 32 ans de mariage, sa vie semble figée. Elle habite une grande maison dans la région lyonnaise, son fils est souvent chez elle. "Je ne m'en remettrai pas", affirme-t-elle. Aujourd'hui, elle n'imagine pas son avenir, mais elle veut savoir une chose : "Pourquoi les soignants n'ont pas été protégés?"

Le Dr. Eric Loupiac, dans son jardin dans la région lyonnaise. Aujourd'hui, c'est sa veuve, Claire, s'est réfugiée dans le jardinage.
Le Dr. Eric Loupiac, dans son jardin dans la région lyonnaise. Aujourd'hui, c'est sa veuve, Claire, s'est réfugiée dans le jardinage. - Ségolène Loupiac

"Je voudrais savoir pourquoi toutes ces erreurs et toutes ces négligences ont été commises", interroge encore la veuve d'Eric Loupiac, "pourquoi on a laissé travailler des médecins dans de si mauvaises conditions, au péril de leur vie". Le noeud du problème, pour elle, c'est notamment l'absence de protections adaptées pour les soignants, comme les masques.

Claire Loupiac n'a pas encore eu de nouvelles informations concernant sa plainte. Ses avocats lui assurent que la justice suit son cours. Et c'est bien la seule chose que la veuve du Dr. Loupiac attend. "Plus de joie, plus de vacances, je vis parce qu'il y a les enfants", soupire Claire Loupiac. Aujourd'hui, elle ne sort plus beaucoup de chez elle et respecte scrupuleusement le confinement.

Je ne m'en remettrai pas" - Claire Loupiac

Mais, quand la situation sanitaire le permettra, Claire Loupiac espère pouvoir organiser une cérémonie d'hommage à son mari, avec les soignants de l'hôpital de Lons-le-Saunier, un moment de recueillement qui l'aidera à faire son deuil : "C'est important pour moi et pour les enfants"

"Plus de projets, plus de joie, plus de vacances", Claire Loupiac vit recluse chez elle, confinée depuis la mort de son mari.
"Plus de projets, plus de joie, plus de vacances", Claire Loupiac vit recluse chez elle, confinée depuis la mort de son mari. © Radio France - Rachel Saadoddine

A 28 ans, la fille du Dr. Loupiac refuse les invitations à dîner de ses amis

Depuis la mort de son père, la vie de Ségolène Loupiac a aussi basculé : "je ne sors quasiment plus de chez moi". A 28 ans, elle travaille dans les assurances, en banlieue lyonnaise. Aujourd'hui, elle est en télétravail à 100%, ne fait ses courses qu'en drive et refuse les invitations à dîner de ses amis. "Voir les gens qui ne portent pas le masque et qui ensuite vont contaminer d'autres personnes, ça me ramène à quelque chose de douloureux".

C'était un battant" - Patrick Pelloux

Président de l'association des médecins urgentistes de France, ami et collègue d'Eric Loupiac, Patrick Pelloux regrette celui qui était "un battant". "S'il y a un mot qui n'était pas dans le vocabulaire d'Eric, c'était désespérance", explique Patrick Pelloux. L'association dont il est le président s'est portée partie civile pour les recours juridiques en cours dans le cadre de la plainte de Claire Loupiac. 

Pour Patrick Pelloux, personne n'a repris le flambeau d'Eric Loupiac à Lons-le-Saunier.

Patrick Pelloux ne comprend pas pourquoi son ami n'a pas reçu de légion d'honneur posthume. "C'est dégueulasse", selon l'urgentiste et "c'est un manque de respect vis-à-vis de sa famille". Il espère encore que quelqu'un prenne le relais d'Eric Loupiac dans son combat pour l'hôpital de Lons-le-Saunier, même si, pour Patrick Pelloux, son ami reste et restera irremplaçable. 

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