Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus Covid-19

Mutation du coronavirus chez le vison : doit-on s'inquiéter ?

-
Par , France Bleu

Le Danemark s'est défendu vendredi de semer la panique après la découverte d'une mutation problématique du coronavirus provenant des visons, qui pourrait selon lui menacer l'efficacité d'un futur vaccin. Une hypothèse prématurée selon plusieurs spécialistes.

Un vison d'Europe, une espèce "en danger critique" d'extinction et dont la plupart des spécimens se trouve en Espagne (illustration).
Un vison d'Europe, une espèce "en danger critique" d'extinction et dont la plupart des spécimens se trouve en Espagne (illustration). © Maxppp - RAQUEL MANZANARES/EFE/Newscom

"Nous prenons les mesures nécessaires et appropriées" face à un développement "inquiétant", s'est justifié le ministre des Affaires étrangères danois Jeppe Kofod lors d'une conférence de presse destinée aux médias étrangers ce vendredi. Le pays a décidé d'abattre l'ensemble des visons élevés sur son sol, soit 15 à 17 millions de bêtes. Ces mustélidés sont en effet soupçonnés par les autorités locales de transmettre une version mutée du Covid-19 à l'homme. 

Douze employés de ferme d'élevages travaillant au contact des visons ont ainsi été contaminés selon le royaume. Onze cas ont été identifiés dans la seule région du Jylland du Nord où un confinement strict a été imposé pour un mois. Selon l'Autorité danoise de contrôle des maladies infectieuses SSI, cette mutation pourrait menacer l'efficacité d'un futur vaccin contre le SARS-CoV-2.  

Inquiétude prématurée

Une hypothèse prématurée pour Etienne Simon-Lorière, responsable de l'unité de génomique évolutive des virus à ARN à l'institut Pasteur. "Les virus à ARN comme le coronavirus mutent en permanence, et la plupart de ces mutations n'ont pas forcément un impact important", explique-t-il. "Les données parcellaires dont nous disposons pour l'heure ne permettent pas de confirmer qu'il y a bien eu passage du virus muté de l'animal vers l'homme." Et même si c'était le cas, "davantage d'analyses et d'études scientifiques sont nécessaires pour mieux comprendre les mutations identifiées et leurs implications potentielles", a confirmé le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) à l'AFP. 

Selon Etienne Simon-Lorière il est peu probable que cette mutation compromette l'efficacité d'un vaccin, bien que les chercheurs travaillent actuellement à partir des souches connues du Sars-Cov-2 et des anticorps qui peuvent le neutraliser. "Les vaccins font quelque chose de polyvalent, plein d'anticorps viennent attaquer des morceaux de la protéine de surface du virus, simultanément. C'est la même chose avec l'immunité. Cela signifie que si un élément change ce n'est pas grave, car les autres continuent d'agir."

Une opinion partagée par François Balloux, professeur à l'University College de Londres et spécialiste de l'évolution des pathogènes. "Il y a des milliers de mutations du Sars-Cov-2 qui apparaissent constamment. Le fait que quelques-unes aient été observées chez les visons ne changera pas les souches en circulation chez l'homme. Si elles favorisaient la transmission du virus vers l'homme, [ces souches] auraient déjà une haute fréquence", a-t-il défendu sur son compte Twitter.

En revanche, "les traitements plus simples, à base d'un ou deux anticorps seulement, comme celui de la société de biotechnologie américaine Regeneron dont a bénéficié le président Trump, pourraient être affectés" estime le spécialiste. Toutefois, avant qu'un tel traitement soit diffusé à grande échelle, "c'est la première chose que l'on vérifierait : est-ce que le point d'ancrage sur lequel se fixe l'anticorps a changé, car dans ce cas il pourrait ne plus être efficace."

Les visons, futurs réservoirs à virus ?

Autre question soulevée par la découverte danoise : dans quelle mesure ces animaux peuvent constituer un réservoir à virus, et mettre la santé des hommes en danger ? Nous savons que pour infecter son hôte, le virus SARS-CoV-2 s’attache à une protéine présente à la surface des cellules, notamment pulmonaires : le récepteur ACE2. 

Or, chez les mustélidés, dont font partie les visons mais aussi les furets, "cette protéine ressemble très fortement à celle de l'homme", précise Etienne Simon-Lorière. "Ce n'est pas le cas chez le chien ou encore la souris de laboratoire par exemple, c'est pour cela que les cas de transmissions avec des animaux domestiques 'plus classiques' sont rares, et que l'on surveille de près les élevages de visons en Europe".

Doit-on s'inquiéter ? Etienne Simon-Lorière se veut rassurant. "D'une part c'est très localisé, et d'autre part la décision de fermer les élevages, d'abattre les bêtes, et de confiner la population laisse penser que cela va s'éteindre."

L'Académie nationale de médecine et l'Académie vétérinaire de France ont publié jeudi un communiqué de presse dans lequel elles proposent de renforcer la surveillance épidémiologique des coronaviroses animales en particulier chez les mustélidés afin de détecter d'éventuels réservoirs de contamination. Mais elles ne demandent pas pour l'heure d'abattre les bêtes françaises, comme le réclame le député (LREM) des Alpes-Maritimes, Loïc Dombreval, également vétérinaire. La France compte quatre élevages et aucun cas n'y a été recensé jusqu'à présent.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess