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Santé – Sciences

Nantes : la galère des dialysés pour trouver des ambulances

lundi 18 juin 2018 à 3:06 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan

Dans l'agglomération nantaise et ses environs, les malades des reins qui ont besoin d'être dialysés ont de plus en plus de mal à trouver des ambulances pour les emmener. La faute aux bouchons et aux impératifs de rentabilité des sociétés d'ambulance. Pour les malades, c'est une souffrance de plus.

Les malades dialysés ont de plus en plus de mal à trouver des ambulances à Nantes
Les malades dialysés ont de plus en plus de mal à trouver des ambulances à Nantes © Maxppp -

Nantes, France

C'est une galère qui se rajoute à la souffrance de la maladie et du traitement pour bon nombre de dialysés et de malades du cancer de Nantes et de ses alentours. Ils ont énormément de mal à trouver des ambulances pour les emmener à l'hôpital, dans les cliniques et dans les centres de dialyse. La faute aux embouteillages et aux obligations de rentabilité des sociétés d'ambulances. La situation semble pour l'instant inextricable.

Chaque dialyse est déjà un traumatisme

Les premières victimes, ce sont les malades. "Chaque dialyse est déjà un traumatisme", explique Virginie Morris de l'association France rein. Et elle sait de quoi elle parle, les dialyses ont rythmé sa vie pendant 18 ans : "après la dialyse, on est exténué, vidé ! On est dans un sale état". Il arrive de faire des malaises et ce n'est pas rare que les malades aient du mal à marcher. Dans ces conditions, impossible de rentrer tout seul chez soi. "Il faut marcher jusqu'aux transports  en commun, il y a du monde... Et la voiture, on est pas forcément capable de la conduire. Certains le font quand ils n'ont pas d'autres solutions. Mais il y a des risques". La plupart des dialysés ont donc besoin qu'on les emmène et qu'on les ramène chez eux après le traitement qui a lieu trois demi-journées par semaine.

Peu importe le temps qu'on y passe, c'est le nombre de kilomètres qui compte

Sauf que, donc, les malades de l'agglo ont de plus en plus de mal à trouver des ambulances pour aller en dialyse parce qu'il faut les emmener ou venir les chercher aux heures de pointe. "Entre 16h et 18h, pour faire le trajet entre Couëron et le CHU, par exemple, il faut compter une heure", explique Élodie Fraisse, ambulancière et syndiquée CFDT. Et le problème, c'est la façon dont la Sécurité sociale calcule le prix du transport. "Peu importe le temps qu'on met, c'est le nombre de kilomètres qui compte", poursuit Élodie Fraisse, "c'est pour ça qu'en agglomération c'est extrêmement compliqué. On passe plus de temps pour un faible kilométrage". Certaines sociétés d'ambulances refusent donc désormais de prendre des malades pour des trajets courts quand ça bouchonne et les autres n'arrivent pas à compenser. "L'autre problème, c'est qu'il y a de plus en plus de malades en dialyse mais pas suffisamment plus d'ambulances. Il faudrait pour ça que l'Agence régionale de santé délivre davantage d'agréments", explique Élodie Fraisse.

L'Agence régionale de santé explique travailler sur le problème

Impossible répond l'ARS : les quotas du nombre d'ambulances fixés par le ministère de la Santé sont déjà dépassés en Pays-de-la-Loire et en particulier en Loire-Atlantique. Mais elle assure être attentive au problème et travailler sur deux solutions : à la fois rééquilibrer l'offre, c'est-à-dire inciter les sociétés d'ambulances qui travaillent sur les secteurs où il y en a trop à aller travailler sur des secteurs où il n'y en a pas assez et inciter ces même sociétés à travailler avec les établissements de santé pour mieux organiser les rendez-vous.

Virginie Morris et Anne Hiegel, de l'association France rein, dénoncent une situation inadmissible - Radio France
Virginie Morris et Anne Hiegel, de l'association France rein, dénoncent une situation inadmissible © Radio France - Marion Fersing

Certains patients en viennent à renoncer à leur dialyse et à mettre leur vie en danger

Mais quelque soit la raison, bouchons, agréments, rentabilité... la conséquence c'est que les malades s'épuisent à essayer de trouver des ambulances quand ce ne sont pas les personnels de santé qui passent un temps fou à passer des coups de fil. C'est tellement usant que certains patients en viennent à renoncer à leur dialyse. "Ils mettent leur vie en danger", conclut, amère, Virginie Morris.