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Au CHU de Nantes, le don d'ovocytes a encore bien du mal à attirer des candidates

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Par , France Bleu Loire Océan
Nantes, France

Le CHU de Nantes recherche des donneuses d'ovocytes. En février dernier, l'hôpital est devenu l'unique centre des Pays de la Loire pour cette activité. De nombreux couples ont en effet besoin d'un don de gamètes pour avoir un enfant. Mais à ce jour, seules 42 donneuses sont allés jusqu'au bout.

Le CHU de Nantes a besoin de donneuses d'ovocytes.
Le CHU de Nantes a besoin de donneuses d'ovocytes. © Maxppp - Maxppp

Seriez-vous prête à faire un don d'ovocytes ? Le CHU de Nantes recherche des candidates. Il a ouvert, en février dernier, le premier centre régional spécialisé. En France, un couple sur sept est confronté à des problèmes d'infertilité.

Près de 200 couples candidats pour 42 donneuses

Certains couples doivent donc recourir au don de gamètes. Le don d'ovules est destiné aux femmes qui rencontrent des problèmes de qualité ou de quantité d'ovocytes. Il peut s'agir, par exemple, de femmes qui ont souffert d'un cancer ou qui sont ménopausées très jeunes. Mais le nombre de donneuses reste très faible dans l'hexagone.

Pour être donneuses, il y a plusieurs conditions à remplir : avoir entre 18 et 37 ans, être en bonne santé, accepter l'anonymat du don et avoir un bon patrimoine génétique. Si tout va bien, la jeune femme a ensuite un ou deux rendez-vous chez un médecin. S'en suit le début du traitement. "Il s'agit d'une stimulation des ovaires avec des injections à faire à la maison, explique Thomas Fréour, chef du service de médecine de la reproduction au CHU de Nantes. Cela dure une quinzaine de jours et il y a aussi deux ou trois prises de sang et échographies à l'hôpital".

Le traitement n'est ni douloureux ni compliqué" - Thomas Fréour, médecin au CHU

A la fin du traitement, la donneuse doit subir une opération "simple et sans douleur", selon le médecin nantais, pour prélever les ovocytes. "Il est important de préciser qu'il n'y aura aucune conséquence sur la fertilité de ces femmes, souligne Thomas Fréour. Mais ce discours a encore du mal à passer. A Nantes, une centaine de donneuses se sont portées candidates, 42 sont allées au bout. Il en faudrait trois fois plus pour répondre à la demande.

De très nombreux couples partent à l'étranger

Le manque de donneuses entraîne un délai d'attente de quasiment deux ans pour les couples. Ils ont eux aussi ont des conditions à remplir : être hétérosexuels et en âge de procréer (c'est-à-dire 43 ans maximum pour les femmes, selon la loi française). Beaucoup décident de tenter leur chance à l'étranger, où les délais sont très courts. C'est le cas de Delphine, une Sautronnaise de 45 ans. En 2012, elle est partie avec son mari en République tchèque pour un don d'ovocytes.

L'opération a fonctionné, à deux reprises. Delphine est maman de deux petits garçons, Rubben et Milo, âgés de quatre et deux ans. "J'étais en insuffisance ovarienne, ma seule solution, c'était le don d'ovocytes, précise la quadragénaire. A l'époque, j'avais déjà 38 ans, je ne pouvais plus attendre.

Quand on vous dit : "madame vous n'avez pas d'ovocytes, vous ne pourrez pas avoir d'enfant", c'est très violent. Aujourd'hui, avoir deux enfants, c'est une victoire, une belle revanche" - Delphine

Delphine milite aujourd'hui pour que les donneuses soient dédommagées. "On devrait faire comme dans les pays voisins. Le traitement est lourd, elles ont une opération, ce n'est pas anodin, répète la maman. Leur donner un dédommagement financier, supportés par les couples prêts à recevoir, ça ne me choque pas". 

Le médecin du CHU, Thomas Fréour, s'interroge lui aussi sur la possibilité de rétribuer les donneuses. Mais selon lui, il faudrait avant tout davantage de communication autour du don d'ovocytes. "Le système français ne marche tellement pas que la sécurité sociale prend en charge une partie des frais des couples qui partent à l'étranger, s'agace le spécialiste. C'est de l'hypocrisie, ça résume bien l'impasse dans laquelle nous sommes."

Le CHU de Nantes a lancé une campagne de communication pour inciter au don d'ovocytes.
Le CHU de Nantes a lancé une campagne de communication pour inciter au don d'ovocytes. - CHU de Nantes
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