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Nathalie, Landaise de 41 ans atteinte d'un cancer du sein : "Je n'ai pas réussi à le dire à ma fille"

Par Aurore Jarnoux, France Bleu Gascogne mardi 27 septembre 2016 à 10:48

Nathalie est aujourd'hui guérie de son cancer du sein.
Nathalie est aujourd'hui guérie de son cancer du sein. © Radio France - Aurore Jarnoux

Le coup d'envoi de l'opération Octobre rose a été donné lundi soir. Tout le mois sera consacré à la sensibilisation au dépistage du cancer du sein. C'est un cancer qui touche en majorité les femmes de plus de 50 ans mais aussi les plus jeunes. Nathalie, 41 ans, se livre sans tabou sur sa maladie.

Nathalie, 41 ans, petit bout de femme, courageuse, a appris la semaine dernière que son cancer était guéri. Mais encore aujourd'hui, elle n'arrive pas à prononcer le nom de sa maladie. "Non... un jour peut-être", répond cette maman, le sourire aux lèvres mais les yeux tristes.

Si je le dis, ce sera concret. Pour moi, c'est une parenthèse" - Nathalie

Cette parenthèse aura duré six mois. Tout a commencé par une boule dans le sein. Nathalie ne veut pas la voir, ne veut pas franchir la porte de son médecin. "Je pensais que c'était un petit truc anodin, se rappelle l'aide-soignante. A la fois, je pense qu'inconsciemment on le sait mais on n'a pas envie de se l'entendre dire."

Mon mari, je lui ai dit le jour de la biopsie donc il n'était pas très content et ma fille aînée, je n'ai pas réussi à lui dire, c'est mon mari qui lui a dit" - Nathalie

Nathalie doit subir trois opérations, six séances de chimiothérapie. Cette habitante de Peyrehorade perd ses cheveux, par poignées, mais pour elle, le pire est ailleurs. "J'étais très active, j'ai fait le marathon de Paris par exemple, souligne Nathalie. Mais avec la chimio, on est fatigués physiquement et moralement."

Cette maman de deux jeunes filles, 15 et 19 ans, se rappelle de nausées épouvantables, "c'est à ne même pas pouvoir avaler sa salive".

Le corps qui se transforme

A 41 ans, un cancer a également des conséquences sur la vie sexuelle. Nathalie s'est remariée il y a quatre ans à peine. "Lui n'ose pas trop parce qu'il a peur de faire mal, se souvient la jeune femme. Ça devient de la tendresse".

Même si mon mari me dit "non mais tu es jolie quand même", on se voit le matin dans le miroir, on sait qu'on n'est pas jolie" - Nathalie

"La petite boule, finalement ce n'est pas anodin"

Nathalie parle peu de son cancer mais au fur et à mesure, elle commence à se confier à ses amies. Et elles-mêmes prennent conscience peu à peu de la maladie.

"Il y en a une notamment qui me dit, ça fait 3 mois que j'ai une ordonnance pour une mammographie dans mon sac à main, je vais la faire, se souvient Nathalie. J'ai plein d'amies de mon âge qui se sont dit mince ça peut m'arriver aussi."

Toutes les femmes peuvent développer un cancer du sein

Le cancer du sein touche plus particulièrement les femmes de plus de 50 ans, c'est d'ailleurs à elles qu'est destinée la campagne de dépistage organisé. Mais ce type de cancer peut attaquer des femmes bien plus jeunes.

Et dans ce cas, le risque est encore plus élevé selon Magalie Meyer, médecin au centre de dépistage de Mont-de-Marsan : "Il est d'autant plus important de se faire suivre surtout par l'auto-palpation avant 50 ans, parce que ces cancers-là sont en général plus invasifs et plus rapides de développement".

Dans les Landes, 157 femmes ont développé un cancer du sein l'an dernier. C'est un chiffre plutôt stable par rapport à 2014.

Ce ne sera plus comme avant " - Nathalie

Aujourd'hui, la maladie est derrière Nathalie. Mais l'aide-soignante ne veut pas, ne peut pas reprendre sa vie d'avant. "On m'a dit tu vas reprendre le boulot et ce sera comme avant, bah non, ce sera pas comme avant", répond la jeune femme.

"Maintenant, je veux prendre mon temps"

Nathalie tire des enseignements de sa maladie. Pendant six mois, elle a appris à prendre son temps, son corps ne la suivant plus. "J'espère que je vais réussir à garder ça, à prendre de la distance, explique Nathalie, visiblement apaisée. Je veux pouvoir me dire il y a une pile de linge, si je le fais pas aujourd'hui, je le ferai demain, c'est pas grave."

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