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Dossier : Coronavirus Covid-19

"On ne peut pas interrompre les soins" : à Amiens, l'hôpital psychiatrique Philippe Pinel face au coronavirus

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Par , , France Bleu Picardie

Face au coronavirus, l'hôpital psychiatrique Philippe Pinel à Amiens se réorganise pour continuer de prendre en charge les patients, pour certains déjà isolés. Ça passe notamment par des consultations téléphoniques, des visio-conférence avec les familles, ou encore des autorisations de déplacement.

A Amiens, l'hôpital Philippe-Pinel organise des consultations par téléphone pour certains patients.
A Amiens, l'hôpital Philippe-Pinel organise des consultations par téléphone pour certains patients. © Maxppp - PFRED DOUCHET/PHOTOPQR/LE COURRIER PICARD/MAXPPP

En pleine crise sanitaire lié au coronavirus, certaines structures comme les hôpitaux psychiatriques ont dû revoir complètement le mode de fonctionnement. C’est le cas de l’hôpital Philippe Pinel, à Amiens. “La prise en charge est tout à fait différente en ce moment,” résume simplement Umberto di Prima, cadre supérieur de santé au sein de l’établissement, invité de France Bleu Picardie ce mardi.  

Se réorganiser a été nécessaire pour répondre à deux objectifs principaux : “Il faut assurer à la fois la sécurité des patients par rapport à l’épidémie et poursuivre les soins psychologiques et psychiatriques que l’on ne peut pas interrompre.”  

Ainsi pour malades qui consultent en ambulatoire - des rendez-vous ponctuels sur la journée - c’est l’option téléphone qui est désormais privilégiée. “Les infirmiers de permanence appellent les patients, tous les jours ou tous les deux-trois jours, en fonction des cas. Ils leur rappellent la prise du traitement, les règles d’hygiène, expliquent comment organiser sa journée. Car ça peut être long de rester enfermé.” Des consultations par vidéo sont aussi envisagées pour les prochains jours. 

Les infirmiers appellent les patients pour leur rappeler leur traitement ou leur dire comment organiser leurs journées - Umberto di Prima

D’après Umberto di Prima, les malades vivent plutôt bien ces adaptations. “Nous avons été étonnés, les patients se sont adaptés rapidement. Pour certains, recevoir un appel téléphonique est intéressant car il n’en recevait jamais auparavant. Cela montre que l’on s’intéresse à eux. On permet aux gens de ne pas être isolés, de pouvoir communiquer tout en se protégeant.” 

Eviter d'engorger le SAMU

Quid des patients qui ont besoin d’un rendez-vous physique, ou d’une prescription papier pour un traitement ? “Pour eux, ça ne s’arrête pas, reprend Umberto du Prima. On leur propose soit un entretien par téléphone, soit on leur fait parvenir une autorisation de déplacement pour qu’ils viennent à l’hôpital."

Car ces consultations sont souvent indispensables. "S'ils ne consultent pas, certains risquent de ne pas être bien, d’être angoissés et d’engorger le SAMU ou les urgences. Sans traitement, les conséquences peuvent aller loin, en terme de logement, ou de problème avec le voisinage.” 

Et puis il y a les malades qui résident à l’hôpital et qui y sont donc confinés. “Chez nous, les patients ne vivent pas enfermés dans une chambre, dans un lit, précise le cadre de santé. Il y a toute une vie sociale qu’il a fallu adapter. Par exemple, les patients ne mangent plus les uns à côté des autres, on a rajouté des tables à la cantine. On leur a expliqué l’intérêt de ces mesures, c’est très important.”  

A l'intérieur de l'hôpital, il y a une vie sociale qu'il a fallu repenser - Umberto di Prima

Ces patients peuvent aussi contacter leurs familles, ou être contactés, par Skype. “Ça n’existait pas avant !”  

Pas de "confinement dans le confinement"

Comment vivre le confinement quand on est déjà enfermé ? Le confinement a, forcément, des conséquences au quotidien pour les patients qui sont en hospitalisation complète. Conséquences que Peggy Vuillin, la directrice adjointe de l'hôpital Philippe Pinel, tente de limiter.

Peggy Vuillin, la directrice adjointe de l'hôpital Pinel

Quant à l’impact du confinement sur la santé mentale des Français en règle générale, Umberto di Prima se veut plutôt rassurant. “Nous avons mis en place une ligne directe entre le SAMU et l’hôpital. Quand des personnes angoissées par rapport au Covid-19 appellent le 15, elles sont renvoyées vers chez nous. Ensuite, on oriente vers une prise en charge par un psychologue, un psychiatre ou un infirmier.” 

En cas de doute, de questions, les patients et les proches de patients peuvent appeler l'Unité d'accueil et d'orientation (UAO) de l'hôpital Philippe Pinel au 03.22.53.46.00.

Réécoutez l'interview d'Umberto di Prima, cadre de santé à l'hôpital Pinel.

Umberto di Prima, cadre de santé à l'hôpital Pinel.

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