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"On ne se sent pas correctement protégés", témoigne une infirmière tourangelle

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En pleine crise du coronavirus, l'accès aux masques et aux surblouses est restreint pour les personnels du CHRU de Tours. Un manque qui crée beaucoup d'inquiétude dans les services.

Une infirmière tourangelle parle de la peur ressentie par de plus en plus de soignants de l'hôpital Une infirmière tourangelle parle de la peur ressentie par de plus en plus de soignants de l'hôpital
Une infirmière tourangelle parle de la peur ressentie par de plus en plus de soignants de l'hôpital © Maxppp - Alexandre Marchi / MAXPPP

Leurs témoignages se ressemblent, mais leur parole est rare, tant la charge de travail des soignant s'est considérablement alourdie ces dernières semaines pour faire face à l'épidémie de coronavirus.  

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C'est le cas de cette infirmière tourangelle, qui a souhaité garder l'anonymat. Elle travaille en pneumologie à l'hôpital Bretonneau à Tours. Elle parle de conditions de travail extrêmement difficiles depuis une semaine. Avec une organisation qui change quotidiennement, en fonction de l'afflux des patients et de l'augmentation du nombre de dépistages. Il faut, dit-elle, vider de plus en plus de lits d'hospitalisation conventionnelle pour accueillir des lits étiquetés Covid-19.  

"Nous ne pouvons boire que toutes les 4h" - Une infirmière en pneumologie à Bretonneau

Elle parle surtout de la peur ressentie par de plus en plus de soignants. Les matériels de protection manquent, ce qui oblige l'hôpital à en restreindre l'accès. Et selon cette infirmière, ça crée beaucoup de stress et d'inquiétude. "Un masque, il faut qu'on le garde 4h sans le baisser ni le relever, sinon après ce n'est plus efficace. Et nous sommes limités à deux masques par agent, et par service, ce qui comprend qu'actuellement nous ne pouvons boire que toutes les 4h". Et puis dit-elle, il faudrait aussi que tous les personnels puissent en porter, pas seulement ceux qui travaillent dans des services dits à risque, puisqu'on est au stade 3 et que le virus se balade partout.

Manque de masques et de surblouses

Et il n'y a pas que les masques qui manquent. Il y a aussi un problème de tension des stocks au niveau des surblouses. "Actuellement, nos surblouses, on est obligés de les emmener de chambre en chambre, on est pas dans des conditions optimales, ni de sécurité pour nous, ni de sécurité pour nos patients", déplore cette infirmière. "A partir du moment où on a une restriction dans le matériel de protection, on ne se sent pas correctement protégés". Elle n'hésite pas à parler de scandale sanitaire.

Elle dit ne pas avoir peur d'aller au travail malgré tout, mais avoir très peur de ce qu'elle pourrait ramener chez elle. Soit de transmettre le virus, soit d'être elle aussi contaminée et de ne plus être en état de soigner.

Un sentiment d'inquiétude partagé par beaucoup d'autres infirmiers, aides soignants ou encore agents des services hospitaliers. Preuve en est, les nombreux appels de salariés reçus par SUD Santé. "Les collègues vont au travail la peur au ventre", dit le syndicat.

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