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"On ne travaille pas sur prescription", la colère des psychologues contre les soins remboursés

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Par , France Bleu Occitanie

Chose rare, de nombreux psychologues ont manifesté partout en France jeudi 10 juin pour dénoncer les dispositifs de remboursement expérimentés en France. Des dispositifs qui vont à l'encontre des principes de la profession pour Anna Bertrand, psychologue dans le Lauragais près de Toulouse.

Psychologue, illustration.
Psychologue, illustration. © Maxppp - Emma Buoncristiani

Les psychologues dans la rue, ce n'est pas une image si habituelle. Et pourtant, ils étaient nombreux ce jeudi 10 juin à battre le pavé partout en France, à Paris comme à Toulouse pour faire parler leur colère.

Une partie de la profession est en effet mobilisée depuis des mois contre un rapport de la Cour des comptes. Ce rapport préconise de modifier la prise en charges des patients avec un nouveau dispositif de remboursement des séances. Il s'agit en fait de consultations prescrites, de 30 minutes chaque fois remboursées par la Sécurité sociale pour accompagner les Français en souffrance du fait de la crise sanitaire. Une expérimentation en cours en Haute-Garonne. 

De nombreux psychologues dénoncent aussi le manque de postes dans la profession. Parmi tous ces psy en colère, Anna Bertrand, professionnelle dans le Lauragais près de Toulouse. Elle était l'invitée de France Bleu Occitanie ce vendredi 11 juin, au lendemain de la manifestation. 

Les conditions sont à la fois inacceptables pour les patients, mais aussi pour nous."

Anna Bertrand, en tant que psychologue, vous aurez donc un nombre de séances limitées avec les patients, un forfait limité et surtout le passage par le médecin généraliste. En quoi tout cela vous dérange ?

Ça nous dérange déjà parce que nous ne sommes pas une profession paramédicale, on a cette indépendance qui est essentielle au cadre de travail en psychiatrie. On ne travaille pas sur prescription, la souffrance psychique n'est pas une souffrance médicale. Et puis il y a aussi la question de la confidentialité, qui est aussi une obligation déontologique. 

Mais le médecin a aussi cette confidentialité ?

Il y a quand même une difficulté, c'est que le passage chez le médecin ne peut pas toujours être neutre. Exemple très concret, dans le cadre de violences intra-familiales, comment peut-il rester neutre, comment peut-on se confier sur les violences lorsque le médecin soigne aussi votre agresseur ? Il y a quelque chose de compliqué, pour libérer la parole. 

Le remboursement des séances psy, c'est quand même une bonne chose ?

Alors oui, on est pour le remboursement, mais pas n'importe comment. On a un temps de séance limité avec seulement 30 minutes, ce qui n'est vraiment pas assez pour libérer la parole. Pour faire une comparaison, certaines de mes séances durent une heure et demi, c'est trois fois plus ! Donc c'est hors de question, il faut ce temps nécessaire. 

Vous avez beaucoup plus de monde dans votre cabinet depuis la crise sanitaire ? 

Il faut reconnaître que oui, les demandes sont très nombreuses aujourd'hui et je suis complète. C'est une réalité et nombre de mes collègues sont dans la même situation. On est débordés. 

Qu'est-ce qui est le plus dur à supporter pour les patients aujourd'hui ? 

En fait, ce n'est pas la crise tant que ça, ils ne vont pas se plaindre à proprement parler de la situation sanitaire parce qu'on est tous dedans et que de toute façon, on n'a pas trop le choix. On fait avec. Par contre, ça vient faire émerger tout ce qui était sous le tapis depuis des années. C'est ça qui ressort, donc tous les traumatismes qu'on a réussi jusqu'à présent à enterrer parce qu'on pouvait s'ouvrir à l'extérieur, parce qu'on avait la possibilité de se ressourcer à l'extérieur.

Aujourd'hui, tout cela éclate au grand jour puisqu'il n'y avait plus d'extérieur au moment des confinements. Donc, nos ressources internes se sont épuisées et effectivement, ça a créé des situations très compliquées, très difficiles à vivre pour la plupart des patients qui viennent consulter. Ce sont des choses qui datent d'il y a longtemps qui émergent aujourd'hui. En fait, c'est l'effet de cette crise. 

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