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Santé – Sciences

"Non le CHU de Toulouse ne va pas craquer" dit la direction

mercredi 4 avril 2018 à 8:58 Par Clémence Fulleda, France Bleu Occitanie

Le site local d'investigation Médiacités s'est procuré plus de 26 000 fiches d'incidents déclarées par le personnel entre 2013 et 2017 qui pointent de graves dysfonctionnements techniques et un manque d'effectif. La direction dit traiter chaque fiche et assure que l'hôpital toulousain tient le coup.

Hôpital de Rangueil est l'un des bâtiments du CHU.
Hôpital de Rangueil est l'un des bâtiments du CHU. © Radio France - Bénédicte Dupont

Toulouse, France

Un défibrillateur qui ne marche pas, une panne d'électricité en pleine opération, un instrument qui dysfonctionne et brûle la joue d'un patient... Sans compter le manque de personnel avec par exemple deux infirmières pour 26 lits.

Voilà quelques uns des exemples cités par le site d'investigation Médiacités au CHU de Toulouse.  Pablo Tupin et Hakim Mokadem ont eu accès à plus de 26 000 notes rédigées par le personnel pour signaler des événements indésirables entre 2013 et 2017.  Ils parlent de "CHU leaks".

Anne Ferrer, la directrice par intérim du CHU de Toulouse a accepté de réagir sur France Bleu Occitanie. Elle était notre invitée à 7h50 ce mercredi 4 avril.

Extrait d'une fiche d'incident au CHU de Toulouse (Purpan). - Aucun(e)
Extrait d'une fiche d'incident au CHU de Toulouse (Purpan). - Médiacités

France Bleu Occitanie : Au vu de ces documents révélés par Médiacités, on se dit que les patients peuvent être en danger au CHU de Toulouse...

Anne Ferrer : Je veux rassurer les patients qui nous font confiance. Ce qui a été diffusé dans la presse et relayé par une organisation syndicale correspondent à des événements qui sont tous traités. Par principe, on demande à chaque agent de les relayer dès lors qu'ils en sont le témoin, dès lors qu'ils en sont à l'origine, dès lors qu'ils en ont connaissance. C'est vraiment un contrat de confiance que l'on a avec l'ensemble des agents du CHU. C'est la volonté du CHU comme tous les établissements publics et privés de tout traiter.

Les syndicats disent que vous faites la sourde oreille ; est-ce que vous prenez réellement en compte ces remontées des personnels ?

Chaque fiche est traitée, analysée. Elles sont signalées tous les jours pour des dysfonctionnements qui peuvent être anodins , un planning qu'on ne peut pas imprimer comme des problèmes dans les bâtiments. Hier on a eu par exemple une fuite et derrière il y a une quinzaine de fiches qui sont signalées via un système électronique et à ce moment là on envoie des équipes de maintenance.

Mais certains problèmes sont beaucoup plus graves.

Tous les problèmes sont graves, on porte attention à tous les problèmes.

Interview d'Anne Ferrer, directrice par intérim du CHU de Toulouse.

Ces fiches d 'incident pointent aussi le manque d'effectifs. Les syndicats disent qu'il y a eu 150 postes en moins ces deux dernières années. Vous confirmez ?

 Il y a eu des créations de poste car on a ouvert des bâtiments. Ce que ne veulent pas voir les syndicats, c'est que les patients veulent être pris en charge en ambulatoire (rentrer le matin et sortir le soir, NDLR). Aujourd'hui, on est train de travailler à augmenter le nombre de lits pour l'aval des urgences, on sait que les urgences accueillent tous les patients qui s'y présentent. En revanche, en chirurgie, grâce aux progrès on peut sortir le soir. Et cela nous amène à réaffecter des personnels dans d'autres services et à réorganiser nos services.

En 2016,  4 agents du CHU se sont suicidés. Le magazine Envoyé Spécial, diffusé en septembre dernier, dénoncait le management industriel au CHU de Toulouse. Est-ce que vous prenez en compte la santé de vos personnels ?

C'est l'un des actes forts de notre projet d'établissement qui va être proposé à la fin de l'année. Ce projet a un projet social majeur. on a une plateforme aujourd'hui qui s'enrichit des remarques des agents. On va vers eux, on les attend. Il y a un problème d'organisation, à Toulouse comme ailleurs, qui donnent aux agents l'impression que leurs valeurs s'éloignent. Les hospitaliers s'appuient sur leurs valeurs au quotidien pour venir travailler et il y a une perte de sens. Ce que l'on souhaite c'est réintégrer au quotidien finalement une place à l'humain qui peut manquer. Donc on travaille à essayer de faire en sorte que notre hôpital pour les cinq prochaines années corresponde à l'attente des patients et des personnels.  Tous les classements le prouvent, toutes les prises en charge sont "sécures" et de qualité.

Vous le dites, le problème concerne beaucoup d'hôpitaux en France. Il y a 64 établissements classés "sous tension". Est-ce que le CHU de Toulouse peut craquer ?

 Non. Non. L'hôpital prend en charge plus de 800 000 consultants, 280 000 patients sont hospitalisés, les urgences sont ouvertes 24h sur 24h, nous avons des équipes prêtes à accueillir les patients. Il faut faire attention à ce qui se passe. Il faut faire attention aux "CHU leaks". Tout ce qui tend à être instrumentalisé par les organisations syndicales pour essayer de démontrer que les hôpitaux ne vont pas bien me semble délétère. 

Donc tout va bien au CHU de Toulouse ?

Tout ne va pas bien au CHU de Toulouse, il y a des difficultés comme partout ailleurs. On est un établissement qui rencontre des difficultés budgétaires et nous cherchons à y répondre non pas par des suppressions de poste massives mais par des réorganisations intelligentes menées avec les agents.

En 2016, Raymond le Moign a pris la direction du CHU et a réduit le déficit de 30 millions à 14 millions. Vous assurez l'intérim puisqu'il est parti au cabinet de la ministre de la santé qui elle veut encore faire au niveau national d'environ un milliard et demi d'économies. Avez-vous un objectif chiffré de réduction du déficit ?

Le CHU a pour objectif de revenir à l'équilibre à la fin de l'année. Et cela doit être atteint uniquement par des réorganisations. On travaille à essayer non pas de retirer des effectifs mais de les réorganiser. 

Extrait d'une fiche d'incident de 2016. - Aucun(e)
Extrait d'une fiche d'incident de 2016. - Médiacités