Santé – Sciences

Nourrissons morts à Chambéry : l'activité du laboratoire Marette suspendue six mois de plus

Par Louise Delépine, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Pays de Savoie mercredi 9 avril 2014 à 12:01

Maître Matthieu Lemaire, avocat du laboratoire Marette.
Maître Matthieu Lemaire, avocat du laboratoire Marette. © Jean-Yves Desfoux - MaxPPP

Le laboratoire Marette de Courseulles-sur-Mer ne pourra pas reprendre la production. L'agence nationale de sécurité du médicament a décidé mardi de reconduire la suspension de six mois. Des poches d'alimentation produites par ce laboratoire avaient été données aux trois nourrissons décédés à l’hôpital de Chambéry.

L'agence nationale du médicament a rendu sa décision ce mardi. L'activité du laboratoire Marette est de nouveau suspendue pour six mois. Les parents des nourrissons s'opposaient à la réouverture du laboratoire tant que l'instruction du pôle santé de Marseille est en cours. L'avocat du laboratoire de Courseulles-sur-Mer s'attendait à cette décision, même si il la trouve particulièrement dure. Aucun recours ne sera émis par le laboratoire. 

"Aucune preuve n'a établi un lien entre les germes et la production du laboratoire Marette" - Maitre Matthieu Lemaire

L'activité du laboratoire Marette avait été suspendue le 7 janvier jusqu'au 7 avril à la suite d'une inspection des services de l'Agence nationale de sécurité du médicament qui avait révélé des dysfonctionnements au niveau de l'hygiène. Les huit salariés du laboratoire se retrouvent donc sans travail, puisque le laboratoire est à l'arrêt. Pour l'avocat des laboratoires, maître Matthieu Lemaire, cette suspension met en péril le futur de l'entreprise. 

"L'entreprise fait face mais cette décision pourrait sonner le glas des laboratoires Marette" - Maitre Matthieu Lemaire

Les trois nourrissons, Théo, Chloé et Milie, sont décédés au centre hospitalier de Chambéry en décembre 2013. Marisol Touraine, la ministre de la Santé, avait à l'époque a évoqué un "accident de production isolé" au sein du laboratoire Marette. Mais selon l'avocat du laboratoire, l'hôpital aurait cherché à dissimuler les "preuves" de certains dysfonctionnements internes à l'hôpital.