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Nouveau suicide d'un interne à Reims, le syndicat Isni dénonce des problèmes réguliers à la fac de médecine

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne

Un interne en médecine générale s'est suicidé il y a quelques jours à Reims. C'est la deuxième fois qu'un étudiant de la faculté de médecine se donne la mort en moins d'un an. Pour le syndicat Isni, représentatif des internes au niveau national, "l'inquiétude revient régulièrement sur Reims."

Le CHU de Reims
Le CHU de Reims © Maxppp - Remi WAFFLART

C'est un nouveau choc terrible pour les internes de Reims. Un nouvel étudiant de la faculté de médecine, Tristan, a mis fin à ses jours la semaine dernière. Après Florian Rodaro le 28 février 2020, c'est le deuxième suicide d'un interne en moins d'un an à Reims. 

Est-ce que le mal-être des internes est plus important dans la Cité des Sacres qu'ailleurs ? Gaétan Casanova, le président de l'Isni, l'Intersyndicale nationale des internes répond : "On essaie de demander et d'avoir des chiffres et des statistiques pour comprendre dans quels endroits il y a des problèmes. Ces chiffres on ne les a pas. Mais ce qui est certain, c'est qu'il y a une inquiétude qui revient régulièrement sur la ville de Reims. Rien n'a été élucidé sur la ville, de toute évidence il y a un problème."

L'omerta chez les internes ?

Un problème peu palpable en dehors des murs du CHU et des hôpitaux en périphérie. Les témoignages d'internes sont extrêmement rares, notamment dans les médias : "C'est un problème structurel, explique Gaétan Casanova. Imaginez, vous êtes interne dans un service et votre chef, votre supérieur hiérarchique vous maltraite ou vous harcèle. La plupart du temps, ce chef, il est à la fois votre chef de service, le coordinateur de votre diplôme, parfois votre directeur de thèse et il connaît votre doyen. Donc vous n'avez personne vers qui vous tourner."

Beaucoup d'internes craignent donc pour leur avenir, leur carrière et la suite des études selon le président de l'Isni : "Ce qui revient souvent, c'est la peur des représailles. Même avec un témoignage de façon anonyme, ils se disent qu'ils seront retrouvés et que la carrière sera détruite. Ils sont pris au piège pendant trois, quatre ou cinq ans avec une personne qui leur fait mal. C'est l'hyperconcentration des pouvoirs entre les mains de certains qu'il faut absolument détruire."

Les problèmes récurrents avec certains chefs de service peuvent être une cause du passage à l'acte des internes. L'autre, selon le témoignage des proches, c'est l'épuisement lié à l'activité : un interne travaille en moyenne 58 heures par semaine selon les chiffres de l'Isni, relayés par Gaétan Casanova : "Il y a les gardes de 24 heures d'affilée, sans dormir. Ça cause une fragilité, des accidents de voiture. Lorsqu'il y a cet état là, et que derrière il y a dénigrement et insultes, certains se tournent vers cette solution terrible qu'est le suicide."

Tristan et Florian, deux passages à l'acte en moins d'un an

Selon une étude menée par l'Isni en 2017, près d'un interne sur quatre a déjà eu des idées suicidaires. Difficile de savoir exactement ce qui pousse un jeune homme ou une jeune femme à se donner la mort. Mais pour les parents de Florian Rodaro, le passage à l'acte de leur fils en février 2020 est lié en grande partie à son activité professionnelle : "Il a été complètement miné par son travail", témoigne sa mère, Bénédicte. 

Aujourd'hui, le couple de médecins tourangeaux tente de comprendre les raisons du suicide de Florian. Et apporte des solutions : "Dès le début de l'internat, il pourrait y avoir des réunions de sensibilisation sur les symptômes avec le nom de la personne référente à appeller, développe Gilles Rodaro. Notre deuxième idée, ça serait d'avoir un parrain plus âgé et plus expérimenté. En aidant les autres, on s'aide soi-même."

Une inspection de l'ARS doit venir au CHU de Reims - Gaétan Casanova

L'Isni, de son côté, veut maintenant aller plus loin et scrute le CHU de Reims : "La première chose que nous demandons, c'est qu'une inspection de l'Agence régionale de santé vienne au CHU, raconte Gaétan Casanova. On demande qu'elle auditionne les personnes en toute confidentialité et rédige un rapport là-dessus. Au niveau local, il doit y avoir une mission de l'ARS. S'il faut suspendre immédiatement des praticiens, il faut le faire urgemment."

L'interview complète de Gaétan Casanova

Dans un mot envoyé au Comité des internes de Reims Champagne-Ardenne et relayé sur leur page Facebook samedi 20 février, la Doyenne de la faculté de médecine de Reims exprime "sa profonde tristesse" après le "décès brutal de Tristan" et présente ses "condoléances" à la famille de l'interne originaire de Rouen. 

Minute de silence et cellule psychologique

Une minute de silence a été respectée devant la faculté du pôle santé à Reims ce mardi 23 février. Une cellule de soutien psychologique est mis en place.

Contactés, le Président de l'Université Reims Champagne-Ardenne et la Doyenne de la faculté de médecine n'ont pas souhaité répondre à nos questions sur le sujet. "C'est un jour de recueillement, ce n'est pas le moment de communiquer publiquement", selon l'Université.

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