Santé – Sciences

Octobre rose : quand les femmes atteintes du cancer réapprennent à se maquiller à la Ligue contre le cancer de Rouen

Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) samedi 1 octobre 2016 à 11:43

Maud, qui vient de finir un traitement contre un cancer du sein, se fait maquiller par Céline Olivier, esthéticienne bénévole.
Maud, qui vient de finir un traitement contre un cancer du sein, se fait maquiller par Céline Olivier, esthéticienne bénévole. © Radio France - Clémentine Vergnaud

L'opération Octobre rose démarre ce samedi 1er octobre. Un mois pour promouvoir le dépistage du cancer du sein alors qu'une femme sur 8 risque d'être touchée dans sa vie. A Rouen, la Ligue contre le cancer de Seine-Maritime propose des ateliers bien-être pour apprendre à vivre avec la maladie.

Du samedi 1er octobre au mercredi 16 novembre, l'association Le Cancer du sein, parlons en ! organise la 23e édition d'Octobre Rose. L'objectif : sensibiliser les femmes à la nécessité du dépistage. En effet, 1 femme sur 8 a un risque de développer un cancer du sein mais s'il est dépisté à temps il se guérit dans 9 cas sur 10. Avec ce taux de survie en constante progression, une réalité s'impose : au-delà de survivre, il faut aussi apprendre à vivre avec le cancer du sein. La Ligue contre le cancer met donc en plus de plus en plus d'ateliers en place pour aider les malades à traverser cette épreuve. En Seine-Maritime, depuis deux ans, des ateliers bien-être sont proposés tous les trimestres. Ce vendredi 30 septembre, les malades pouvaient bénéficier gratuitement d'un maquillage ou d'une pose de vernis dans les locaux de l'association à Rouen.

Ballons roses au plafond, bonbons roses sur les tables, le ton est donné : c'est le début d'Octobre rose. les patientes ont le choix ce vendredi entre un maquillage ou une pose de vernis. L'occasion de prendre quelques minutes pour soi, pour se chouchouter, pour poser des questions aussi. Maud, 69 ans, a terminé il y a quelques mois un traitement contre un cancer du sein. Elle décide d'opter pour un peu de maquillage. "J'ai perdu mes sourcils avec le traitement et ils repoussent très mal", explique-t-elle à Céline Olivier, l'esthéticienne qui propose un atelier bénévolement. "Vous voulez que je vous les redessine ?" propose Céline. C'est un oui et Maud passe alors entre les mains de l'esthéticienne.

"Ça fait du bien de se faire chouchouter après avoir subi beaucoup d'examens", sourit Maud. "On reste un peu femme malgré les traitements et les épreuves, ça fait du bien." Et ça aide même à traverser les épreuves selon Céline Olivier : "Elles se voient différemment et justement ça les aide à passer ce cap difficile." Réapprendre à se faire belle, avec des produits adaptés et des façons de faire particulières mais aussi rencontrer du monde pour Maud. "On voit des gens qui sont touchés par la même maladie que nous, on échange sur ce qu'on vit, c'est très important, surtout moralement." Et en effet l'échange se crée rapidement : la difficulté de devoir mettre du vernis en permanence pour les chimiothérapies et radiothérapie, le dessin des sourcils très compliqué à faire mais aussi la repousse des cheveux qui ne se fait pas toujours comme on le voudrait.

Tous ces sujets n'étaient pas au centre de la vie du malade il y a quelques années. C'est un enjeu qui s'impose progressivement, comme l'explique Fabienne Benoît, coordinatrice de la Ligue contre le cancer en Seine-Maritime : "Aujourd'hui on prend en compte la dimension physique, psychologique de la personne. On n'est pas seulement sur les traitements mais on est sur l'individu dans sa globalité." Preuve que l'image de soi dans la maladie prend une important considérable, le succès de ces ateliers. Organisés tous les trimestres depuis deux ans, ils attirent un tiers des adhérentes de la Ligue contre le cancer du département. L'association va donc en faire un rendez-vous mensuel dès le mois de janvier 2017.