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Santé – Sciences

Ophtalmos : pour réduire les délais, la Cour des comptes appelle à élargir les compétences des opticiens et orthoptistes

jeudi 4 octobre 2018 à 13:22 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Pour réduire les délais d'attente chez les ophtalmos, qui sont de plus d'un an dans certaines régions, la Cour des comptes préconise de permettre aux opticiens et orthoptistes de rédiger des ordonnances de première prescription. Ils peuvent déjà prescrire des lunettes, mais seulement pour un suivi.

Dans certaines régions, il faut plus d'un an pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmo.
Dans certaines régions, il faut plus d'un an pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmo. © Maxppp - Albert Van Rosendaa

Dans de nombreuses régions, les délais d’attente chez les ophtalmos atteignent des records. Pour raccourcir ces délais, la Cour des comptes préconise, dans un rapport publié ce jeudi, d'élargir à nouveau les compétences des orthoptistes et des opticiens. Les Sages conseillent de les autoriser à rédiger la première prescription de lunettes.

Jusqu'à plus d'un an pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmo 

En 2017,  selon une enquête de l'Ifop, il fallait attendre en moyenne 87 jours pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmo en France. C'est 10 jours de plus qu'en 2013. Mais les délais sont parfois bien supérieurs à cette moyenne. En 2017, il fallait par exemple jusqu'à neuf mois en Touraine, six mois à Rennes ou même  plus d'un an dans le Vaucluse pour obtenir un rendez-vous.  En 2014, il fallait attendre jusqu'à 15 mois en Pays de Savoie et également plus d'un an en Sarthe

"Sur de nombreux territoires, les patients se heurtent à des délais importants, même en cas d'urgence, pour obtenir une consultation", voire même à des refus purs et simples quand ils ne sont pas déjà suivis, confirme la Cour des comptes. Sans "réorganisation", ces difficultés vont "s'accentuer", préviennent les Sages.

Les opticiens et orthoptistes pourraient rédiger les premières ordonnances de lunettes 

Actuellement, les opticiens sont habilités à renouveler et à adapter les ordonnances des verres correcteurs et de lentilles de contact pendant un certain temps, en fonction de l'âge du patient. Mais ces tâches qui leur ont été déléguées ces dernières années ont des "effets marginaux" sur les délais d'attente, note la Cour des comptes. Elle propose donc  d'autoriser ceux qui approfondiraient leur formation au niveau master (bac+ 5, contre l'actuel BTS à bac+2) à "prescrire des équipements d'optique en première intention"

Les orthoptistes, eux, peuvent réaliser des bilans visuels, des actes de dépistage, des mesures de l'acuité visuelle et de la réfraction et des examens préparatoires à une consultation... mais dans le cadre d'un protocole et dans une structure comprenant un médecin, qui reste prescripteur. Pour les Sages, les orthoptistes "dont la formation serait portée du niveau licence actuel (bac+3) au niveau master (bac+5) devraient être admis à effectuer des bilans visuels et des consultations simples de premier recours dans leur propre cabinet, sans être salariés d'ophtalmologues, et prescrire à ce titre des équipements optiques".

La rareté des spécialistes, principale difficulté d'accès aux lunettes

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le reste à charge zéro pour certaines offres de lunettes d'ici à 2020, va "réduire la barrière financière à l'accès aux soins visuels", selon la Cour des comptes, mais pour elle, la mesure "ne traite pas la principale difficulté d'accès : la rareté croissante de l'offre de soins ophtalmologiques".

La France comptait près de 6.000 ophtalmologues début 2017, soit une densité moyenne de 8,8 pour 100.000 habitants. Un ratio stable depuis 2000 mais qui recouvre de fortes disparités territoriales, avec par exemple 2,1 ophtalmo pour 100.000 habitants en Haute-Saône, contre 21 pour 100.000 à Paris.