Santé – Sciences

Ouverture d’un Institut du sein à Nice

Par Lisa Melia, France Bleu Azur et France Bleu lundi 26 septembre 2016 à 18:25

Dépistage du cancer du sein
Dépistage du cancer du sein © Maxppp - François BAILLE

La clinique Santa Maria inaugure son Institut du sein, une unité spécialisée dans les maladies du sein et en particulier, le cancer. Il touche 60 000 femmes chaque année. Objectif : offrir un parcours de soin complet et centralisés aux patientes.

Un dépistage du cancer du sein ou une opération chirurgicale en une seule journée. Voici la promesse de l’Institut du sein, qui accueillera ses premières patientes le 1er octobre.

Tous les services, depuis la radiologie jusqu’aux consultations du chirurgien, en passant par la biopsie, se retrouvent dans un petit ensemble de bureaux les uns à côté des autres. Plus besoin, pour les patientes, de courir d’un étage à l’autre, d’hôpital en hôpital. Les spécialistes viennent aux patients, plus l’inverse.

Une coordinatrice du parcours de soin, une infirmière spécialisée et une psychologue complètent l’équipe.

"One day breast diagnosis"

"Aujourd’hui, les équipes médicales ne voient plus juste un organe, elles voient une femme, dans sa globalité", explique le médecin Kaïs Razzouk, en charge du pôle chirurgie de l’institut. Dans cet esprit, l’Institut propose le "One day breast diagnosis", le diagnostic en une journée.

"Lorsqu’une patiente sent une boule dans son sein, elle peut prendre rendez-vous avec nous. Le matin, elle est vue par l’équipe radiologique. Dans la foulée, si nécessaire, on réalise une biopsie. Les prélèvements sont analysés sur l’heure du déjeuner et les résultats sont disponibles dès l’après-midi", détaille le radiologue Bruno Borens.

Une petite révolution, estime le professeur Maurice Schneider, président de la Ligue contre le cancer dans les Alpes-Maritime : "Quand une femme doit attendre six ou dix jours pour obtenir les résultats d’un examen, c’est une angoisse insupportable. Cette rapidité du diagnostic est très, très importante."

La polémique des sels d’aluminium

Si les médecins de l’Institut interviennent avant tout sur le diagnostic et le traitement du cancer du sein, ils s’intéressent aussi à la question de la prévention. Une nouvelle polémique sur les sels d’aluminium a éclaté, suite à la publication dans l’International Journal of Cancer d’une nouvelle étude établissant un lien entre ces sels, utilisé dans les déodorants, et l’apparition de tumeurs cancéreuses.

D’après l’équipe de chercheurs suisse, qui a réalisé une étude sur des souris, l’aluminium perturbe le comportement des cellules mammaires et les transforme en cellule maligne, c’est-à-dire potentiellement cancéreuses. La communauté scientifique, toutefois, reste divisée sur ce sujet. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) recommande de ne pas utiliser des sels d’aluminium sur une peau lésée, tout en refusant de les classer comme toxique pour la santé humaine.

"Nous sommes passés d’environ 25 000 cancer dans les années 1980 à 60 000 aujourd’hui. Cela s’explique par un meilleur diagnostic, mais aussi par des facteurs environnementaux. Toutefois, il faut rester mesuré. Les facteurs de risques existent, mais ils ne suffisent pas pour expliquer l’apparition d’un cancer. Certaines personnes fument toute leur vie, sans développer de tumeur aux poumons." Docteur Kaïs Razzouk

Pour le professeur Maurice Schneider, ces études, tant qu’elles ne sont pas définitives, sont surtout anxiogènes. Lui milite plutôt pour les bonnes pratiques, dont on est sûr qu’elles aident à lutter contre l’apparition de cancers : une alimentation saine et une activité sportive régulière.