Santé – Sciences

Paris : un buste en silicone pour s'exercer à l'"auto-palpation" face au cancer du sein

Par Marc Bertrand, France Bleu Paris jeudi 5 octobre 2017 à 17:38

Le buste en silicone a été présenté au public ce jeudi à la clinique Oudinot, dans le 7e arrondissement.
Le buste en silicone a été présenté au public ce jeudi à la clinique Oudinot, dans le 7e arrondissement. © Radio France - M.B.

Pour faire face au cancer du sein, qui touche une femme sur huit en France, des médecins proposent au public de s'exercer sur un buste en silicone, dans lequel ont été placé tous les signes qui doivent alerter et inciter à aller consulter son gynécologue.

Deux épaules, deux aisselles et surtout "deux seins ! dans lesquels nous avons placé des petites masses**qui vont être palpables par les patientes"**, explique Marine Bricout, radiologue à la clinique Oudinot, dans le 7e arrondissement de Paris. L'établissement proposait au public ce jeudi de **s'exercer à repérer soi-même les facteurs qui doivent alerter sur le cancer du sein et inciter à consulter son médecin, ce qu'on appelle "l'auto-palpation"**.

"On palpe une petite masse, comme une petite pierre"

Dans le buste, développé par un laboratoire privé, on a placé des masses, que l'on peut sentir au toucher. Certaines sont bénignes, d'autres cancéreuses. "Un peu comme une petite boule", remarque Noémie, 30 ans, venue s'informer sur le cancer du sein. A côté d'elle, le médecin lui montre à l'aide du buste les gestes à adopter. "Le mieux c'est de faire avec le plat de la main. Vous sentez que juste ici, au-dessus du mamelon, on palpe une petite masse, comme une petite pierre".

Un moyen d'alerter pour inciter à aller consulter son médecin

Ce signe d'alerte est bien connu, mais le buste présente aussi d'autres signes moins connus : "quand vous palpez un petit ganglion dur au niveau du creux axillaire [sous l'aisselle], aussi l'aspect peau d'orange autour du mamelon, la rétraction asymétrique d'un des deux mamelons par rapport à l'autre. On peut aussi avoir un écoulement mamelonnaire un peu sanguinolant", explique Marine Bricout.

C'est là tout l'intérêt de l'auto-palpation. Apprendre à identifier soi-même les signes de risque, ce qui peut ensuite inciter à aller consulter un médecin. "Les patients qui ne rentrent pas dans le dépistage organisé, par exemple parce qu'elles ont moins de 40 ans, pour elles l'auto-palpation peut les inciter à aller voir leur gynécologue".

Evidemment, l'auto-palpation ne remplace pas un examen médical. Seule une mammographie dans un premier temps, puis une échographie peuvent confirmer qu'une boule anormale dans le sein est effectivement une masse cancéreuse.