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Dossier : Mission "Alpha", la deuxième aventure de Thomas Pesquet dans l'espace

Aller sur l'ISS, "ça ne sert à rien" à part "à faire rêver les gens" selon l'astronaute Patrick Baudry

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Alors que Thomas Pesquet s'apprête à décoller pour un second séjour à bord de la Station spatiale internationale ce vendredi, l'astronaute Patrick Baudry, qui vit en Gironde, revient sur ses propres souvenirs dans l'espace. Et alerte sur le peu d'intérêt scientifique des missions à bord de l'ISS.

Patrick Baudry
Patrick Baudry © Maxppp - Jesús Diges

Avec une petite journée de retard, l'astronaute français Thomas Pesquet va décoller ce 23 avril pour l'ISS. Ce sera son deuxième séjour à bord de la station spatiale internationale. Le vol habité, baptisé Crew-2 et piloté par la Nasa et SpaceX, doit décoller depuis la Floride à 11h49 heure française. L'astronaute Patrick Baudry, qui vit en Gironde, a été le premier Français à avoir participé à une mission spatiale à bord de la navette américaine Discovery en 1985. Interview.

France Bleu Gironde : Qu'est-ce qu'on ressent à l'annulation d'un décollage ? 

Patrick Baudry : J'ai eu 13 reports et annulations de tir en 1985, donc je ressentais de l'impatience et de l'espérance que ça allait finir par fonctionner. Et quand les minutes fatidiques arrivent, puis les secondes, là on y croit vraiment et c'est le bonheur absolu. Même si on n'est pas encore sûr d'arriver, plus rien ne peut empêcher le décollage. Neuf minutes après, tout s'arrête et vous êtes en apesanteur. Vous êtes un projectile qui va tourner autour de la Terre et c'est le silence absolu. C'est l'absence de vibrations pratiquement absolue. Vous êtes libre, c'est une sensation assez enivrante ... Et bien sûr que ça me manque. Si je pouvais, j'irais tous les jours !

Qu'est-ce qui a changé entre votre décollage en 1985 et celui de Thomas Pesquet en 2021 ?

Beaucoup de choses ont changé : le confort, l'espace dont on dispose à bord de la capsule Crew Dragon, dans laquelle va être Thomas. Ensuite, sur le plan des équipements, il y a eu aussi beaucoup d'améliorations. Quand j'étais en Union soviétique, Soyouz était une génération technologique qui n'était déjà plus toute jeune, par rapport à ce que j'ai trouvé ensuite aux Etats-Unis avec la navette Discovery. Là, imaginez que vous montez dans une Tesla après avoir emprunté une 4L et vous aurez la différence entre Crew Dragon et Soyouz, voire Discovery.

Aujourd'hui, Thomas Pesquet a presque deux millions d'abonnés rien que sur Facebook. À votre avis, qu'est-ce qui fascine ?  

Ce qui fascine les gens, c'est tout simplement l'espace. Et aujourd'hui, on leur en parle beaucoup plus et beaucoup mieux. L'Agence spatiale européenne a un gros service de communication qui fonctionne à plein régime depuis le premier vol de Thomas, c'est de la grosse artillerie. Alors qu'à l'époque, on ne voulait pas que les vols habités soient mis en vedette. Aujourd'hui, l'Agence spatiale européenne a compris que pour masquer ses échecs, il fallait faire de gros efforts de communication sur ce vol.

À quoi ça sert d'aller sur la Station spatiale internationale ?  

Ça ne sert à rien, à part à faire de la communication et à faire rêver les gens, surtout les jeunes. Ce qui est extrêmement positif, mais sur le plan scientifique et technique, eu égard aux sommes investies, ça ne sert pratiquement à rien. Ça fait longtemps qu'on aurait dû retourner sur la Lune pour s'y installer et faire de la vraie science. Et qu'on aurait dû aller poser le pied sur Mars.

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