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Pénurie de médecins : sueurs froides à l'hôpital de Saintes

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Par , France Bleu La Rochelle

Eviter une nouvelle fermeture temporaire de services à l'hôpital de Saintes : priorité absolue de son directeur. En mai déjà, la pédiatrie et la maternité de l'hôpital ont dû fermer durant 18 heures, après la défection surprise d'un pédiatre intérimaire. La pénurie touche aussi l'anesthésie.

Entrée principale de l'hôpital de Saintes
Entrée principale de l'hôpital de Saintes © Radio France - Julien Fleury

L'hôpital de Saintes va-t-il réussir à passer l'été sans fermer de services ? C'est un pari difficile à tenir pour son directeur, confronté à une pénurie de médecins. Fabrice Leburgue s'échine à boucler les plannings de garde pour les pédiatres et les anesthésistes, dans cet hôpital qui recourt massivement à l'intérim, faute de pouvoir recruter des praticiens. Si le planning de juillet est assuré, il reste des trous à combler pour le mois d'août.

Le sujet est vital, car si une garde ne peut être assurée, c'est la continuité des soins qui doit s'interrompre. Le 22 mai déjà, la maternité de Saintes avait dû fermer ses portes durant 18 heures, après la défection soudaine d'un pédiatre intérimaire qui devait assurer une garde, victime d'un accident. 11 personnes, quatre femmes et sept enfants ont été transférés vers d'autres hôpitaux de la région. Heureusement sans conséquence grave pour leur santé.

La moitié des blocs opératoires fermés pour l'été

La seule variable d'ajustement, c'est l'activité de jour. A Saintes, plus de la moitié des blocs opératoires (cinq sur neuf) sont fermés pour l'été. La faute au manque d'anesthésistes : on ne compte que trois titulaires alors qu'il en faudrait une dizaine. "On dépend énormément de l'intérim, des médecins qui viennent pour 24 heures et qui repartent, précise Fabrice Leburgue. Et il se trouve que l'été 2021 est le premier été après 13 ou 14 mois de crise sanitaire, qui a fortement mobilisé les anesthésistes-réanimateurs. Ils ont besoin de vacances, et du coup le marché de l'intérim est encore plus difficile cet été que les étés précédents." Résultat, avec ces blocs fermés, impossible de rattraper le retard accumulé durant la crise Covid, qui avait entraîné de nombreuses déprogrammations.

En pédiatrie, ce sont les lits qu'on ferme. Depuis un mois, seuls dix lits restent ouverts, contre 23 il y a encore deux ans. "Et le personnel paramédical, on en fait quoi ? interroge Maryline Micheneau, aide soignante et militante CGT. Quatre CDD n'ont pas été renouvelés. Certaines infirmières arrivées en pédiatrie il y a quelques mois sont retournées dans leurs services d'origine. Il y a une grande inquiétude de tous ces agents qui ne savent pas ce qu'elles vont devenir."

Pétition contre les fermetures de lits en pédiatrie

Pénurie de médecins à l'hôpital de Saintes : le reportage

La CGT fait signer une pétition sur le parvis de l'hôpital, pour dénoncer les fermetures de lits en pédiatrie.
La CGT fait signer une pétition sur le parvis de l'hôpital, pour dénoncer les fermetures de lits en pédiatrie. © Radio France - Julien Fleury

Ce mardi 22 juin, la CGT a installé un stand sur le parvis de l'hôpital, et fait signer les usagers pour dénoncer ces fermetures de lits. Et les signatures s'enchaînent : 200 récoltées en deux heures. "Le Covid c'est une chose, précise une signataire retraitée. Mais les enfants avant tout !"

Sur 11 postes de pédiatres à Saintes, seuls six sont occupés. Les cinq autres ont démissionné depuis deux ans, pour s'installer en ville. Essorés par le rythme infernal des gardes. Mais c'est encore plus de travail pour eux qui ont décidé de rester. "On est vraiment épuisé physiquement et psychiquement, témoigne Gwenaëlle Massé, pédiatre à Saintes depuis 15 ans, et pilier du service. Ces six derniers mois, on a eu un emploi du temps très important, de nombreuses assignations (retour forcé à l'hôpital sur des jours de repos ou de congé), et en plus on n'a pas de perspective sur des pédiatres qui pourraient renforcer le service." 

Transferts vers d'autres hôpitaux

Difficile de recruter des praticiens, concède le directeur de l'hôpital, Fabrice Leburgue, surtout quand la pénibilité s'accroit : "quand une équipe s'affaiblit, les gardes reviennent plus fréquemment, et donc paradoxalement, alors qu'on a vraiment besoin de recruter, c'est plus difficile de le faire." 

Pas question en tout cas pour Fabrice Leburgue de revivre une fermeture temporaire de pédiatrie et de la maternité. Le directeur a reçu le soutien de l'ARS pour obtenir des renforts de pédiatres venus d'autres hôpitaux de la région. En attendant, Marie, enceinte de plus de six mois et suivie à Saintes, s'inquiète : "déjà accoucher de son premier enfant, c'est angoissant. Donc si on nous dit en plus qu'on ne peut pas accoucher ici, et qu'il faut être transféré à Angoulême ou Rochefort, c'est pas sécurisant..."

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