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Santé – Sciences

Peyo, le cheval qui vient au chevet des résidents de l'Ehpad de la Chartreuse à Dijon

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Bourgogne, France Bleu

Depuis novembre, un soignant très particulier rend visite au 70 pensionnaires de l'Ehpad des Vergers au sein de l'hôpital de la Chartreuse à Dijon. Peyo est un étalon de 14 ans, dressé pour le spectacle, il est maintenant médiateur entre les soignants et les malades.

Hassen Bouchakour et son cheval Peyo sont libres de déambuler dans les couloirs de l'Ehpad pour aller à la rencontre des patients.
Hassen Bouchakour et son cheval Peyo sont libres de déambuler dans les couloirs de l'Ehpad pour aller à la rencontre des patients. © Radio France - Lila Lefebvre

Dijon

Peyo ne vient que deux jours par mois, mais sa présence fait toujours sensation. Cet étalon brun de 500 kilos déambule à sa guise dans les couloirs de la maison de retraite médicalisée de l'hôpital psychiatrique de Dijon. Sa grâce, il la tient de ses années de spectacle, il se produit avec son dresseur Hassen Bouchakour sur les plus grandes scènes à travers le monde. Son aura, elle, est innée et émerveille toujours le personnel de l'hôpital. 

"Madame M, ne sort jamais de sa chambre en temps normal", souffle Sandrine Bougenot, aide-soignante, "là elle a descendue deux étages toute seule, rien que pour voir Peyo. Et ça, c'est génial." Sandrine s'habitue aux prouesses du cheval mais n'arrive toujours pas à comprendre comment il établie un contact si fort avec les patients "nous, soignants, nous pouvons travailler tous les jours, pendant plusieurs semaines pour établir un lien avec une personne malade, en vain. Lui arrive, et la personne va immédiatement lui parler, le caresser, parfois même se lever."

Un lien entre l'homme et l'animal un peu magique

Son secret ? Il choisit lui même à quel résident il va rendre visite : "C'est lui qui décide où il va, dans quel chambre, quel couloir", explique Hassen Bouchakour, "moi je ne suis là que pour l'accompagner. Tiens je crois qu'il a envie d'aller voir une de ses patientes préférées". Il n'a pas mis un sabot dans la chambre d'hôpital qu'il est déjà accueilli par de grands cris "Peyo ! Que tu es beau, que tu es majestueux ! Et toi Hassen, quel bonheur de te voir", Hassen sourit "ça me fait plaisir que vous vous rappeliez de moi". Cette patience est sujette aux troubles de la mémoire, "mais en présence de Peyo, elle fait des progrès remarquables", se félicite-t-il. 

"Il y a une part de magie qu'on ne saisie pas, et qu'on ne pourra peut-être jamais comprendre" — Hassen Bouchakour, dresseur

Ce phénomène, le personnel de l'Ehpad ne se l'explique pas tout à fait. "Beaucoup de personnes âgées ont eu des animaux dans leur vie, cherche Marie Lombard, médecin gériatre, et puis l'animal est plus facile d'accès. Mais il y a aussi une part de magie qu'on ne saisie pas, et qu'on ne pourra peut-être jamais comprendre". Toutefois, thérapeutes, aides-soignants et infirmiers répertorient toutes les réactions des patients, ainsi que leur progrès, afin que ce qui n'est pour l'instant qu'un dispositif expérimental puisse devenir un véritable programme de soin. 

 Cette patience est sujette aux troubles de la mémoire, "mais en présence de Peyo, elle fait des progrès remarquables", se félicite-t-il - Radio France
Cette patience est sujette aux troubles de la mémoire, "mais en présence de Peyo, elle fait des progrès remarquables", se félicite-t-il © Radio France - La Chartreuse

Le lien avec l'animal, un vrai soin pour les personnes âgées

Hassen, lui, a un début de réponse "Peyo ne juge pas, mais dès qu'il vous voit, il a tout compris de vous, il lit en vous. Il a une attirance particulière pour les personnes fragiles, malades, avec elle, il va faire preuve de tendresse et de patience, alors même que c'est un étalon fougueux dans la vie de tous les jours"

"Peyo arrive, et la personne va immédiatement lui parler, le caresser, parfois même se lever", Sandrine Bougenot, aide-soignante. - Radio France
"Peyo arrive, et la personne va immédiatement lui parler, le caresser, parfois même se lever", Sandrine Bougenot, aide-soignante. © Radio France - La Chartreuse

Même si cette "thérapie non-médicamenteuse" ne se substitue pas à un soin traditionnelle, elle  permet de réduire l'utilisation de médicaments chez certains patients. Le docteur Marie Lombard a ainsi pu réduire les dosages d’anxiolytiques d'un de ses patients atteint d’Alzheimer : "c'est un monsieur très anxieux qui peut devenir violent en période de stresse intense, mais quand il a rencontré Peyo, le courant est tout de suite passé, le cheval l'apaise. Depuis, il a accroché une photo du cheval à côté de sa table de chevet et dès qu'il sent l'angoisse s'emparer de lui, il la regarde et ça le canalise, pas besoin alors d'ingérer un médicament, sa consommation a significativement baissé"

Des animaux dans un hôpital ? 

La question de l'hygiène se pose évidemment, c'était une des préoccupations principales d'Hassen Bouchakour quand il a présenté ce projet à l'Ehpad. "Hors de question de ramener des puces, des tiques, ou même des poils dans un hôpital", avant d'entrer dans les chambre, Peyo est rasé de près, brossé, peigné, désinfecté avec des lingettes, des oreilles aux sabots. Et aucune chance de retrouver du purin dans les couloirs, "Peyo sait demander pour aller faire ses besoins". 

Le reportage : Peyo, le cheval thérapeute.

Rencontre entre Peyo et des résidents de l'Epahd de la Chartreuse - Radio France
Rencontre entre Peyo et des résidents de l'Epahd de la Chartreuse © Radio France - Lila Lefebvre
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