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Santé – Sciences

PHOTOS - Les gros travaux de dépollution débutent dans les écoles parisiennes polluées au plomb

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Les cours extérieures des écoles maternelle et élémentaire de Saint-Benoit (6e arrondissement) sont entièrement refaites pour garantir une décontamination totale avant la rentrée.

Un produit chimique est aspergé pour fixer les poussières de plomb au sol.
Un produit chimique est aspergé pour fixer les poussières de plomb au sol. © Radio France - Mélodie Pépin

Tout s'accélère avant la rentrée. A l'école Saint-Benoit, fermée depuis fin juillet à cause de concentrations élevées en plomb, la ville de Paris a décidé d'employer les gros moyens : toutes les cours extérieures sont entièrement refaites. Coût de l’opération : 200 000 euros.

Le bitume de toutes les cours extérieures est entièrement arraché. - Radio France
Le bitume de toutes les cours extérieures est entièrement arraché. © Radio France - Mélodie Pépin

Le chantier a débuté jeudi 8 août et doit s’achever le 24 août. L’entreprise spécialisée Séché est en charge des travaux. Pas question de transiger sur les précautions sanitaires, tous les jours, dix agents enfilent une combinaison blanche, mettent un masque sur le visage pour travailler sur le chantier. 

Tous les jours, dix agents équipés de combinaison et de masques travaillent sur le chantier. - Radio France
Tous les jours, dix agents équipés de combinaison et de masques travaillent sur le chantier. © Radio France - Mélodie Pépin

Bitume arraché et remplacé

A Saint-Benoit, des taux supérieurs à 7 000 microgrammes par mètres carré ont été relevés. Après un premier nettoyage au jet d’eau, ils ont baissé de moitié, mais pas suffisant pour atteindre le seuil des 1 000 microgrammes préconisé par l’Agence régionale de santé. Après avoir consulté des experts, la ville de Paris a finalement décidé de faire appel à une entreprise dédiée et à une technique radicale : extraction du bitume qui sera remplacé par un neuf. 

Près de 250 tonnes de gravats vont être acheminés dans une usine de traitement des matières dangereuses. - Radio France
Près de 250 tonnes de gravats vont être acheminés dans une usine de traitement des matières dangereuses. © Radio France - Mélodie Pépin

Pour être sûr que les poussières de plomb ne s’envolent pas, un surfactant est aspergé au préalable, une sorte de colle qui va fixer au sol les poussières. Tous les gravats sont ensuite enfermés dans des grands sacs étanches, qui sont envoyés dans une usine de traitement des matières dangereuses en Mayenne. Selon le chef de chantier, Mickael Prestavoine, c’est « la méthodologie la plus efficace ».

Au total plus de 1850 mètres carrés sont à traiter. Tous les arbres et les végétaux seront aussi détruits. De nouveaux prélèvements seront réalisés à l’issue des travaux, afin de s’assurer que tout est en ordre avant la rentrée. Mais "avec le débituminage, la contamination au plomb sera totalement éliminée", assure Agnès Lefranc, chef du service de santé environnementale, à la mairie de Paris.

Les recharges de surfactant, ce produit qui colle les poussières de plomb au sol avant l'excavation. - Radio France
Les recharges de surfactant, ce produit qui colle les poussières de plomb au sol avant l'excavation. © Radio France - Mélodie Pépin

Une troisième école bientôt dépolluée

Sur 12 écoles diagnostiquées autour de Notre-Dame, quatre affichent des relevés avec des taux de plomb trop élevés. Les deux écoles de Saint-Benoît, actuellement traitées, l’école Saint-André-des-Arts (6e) et l’école Verneuil (7e).

« On va dépolluer Saint-André-des-Arts », indique Bérénice Delpal, directrice des affaires scolaires de Paris, où des taux trop élevés ont été repérés dans un patio. Des travaux vont débuter prochainement, car tout doit être prêt pour la rentrée. Mais cette fois, un autre prestataire procèdera à une autre méthode, celle du tensioactif (un agent chimique qui capturent les poussières de plomb). 

En revanche, des travaux de dépollution ne sont pas envisagés pour l’école Verneuil, car c’est un jardin privé qui est en cause, « un endroit isolable des enfants » assure la ville de Paris. Des résultats sont par ailleurs attendus pour l’école Jardinet (6e)

Jardins et parcs en cours de diagnostic

Le risque de contamination pour les enfants est aussi en question dans les parcs et les jardins parisiens. « A ce stade, les résultats dans les jardins ne mettaient pas en évidence de signal susceptible de susciter une inquiétude », explique Agnès Lefranc, « toutefois la ville va réaliser des prélèvements systématiques dans l'ensemble des espaces verts situés dans la zone délimitée par l'ARS ».

« En fonction des mesures mesurées, la ville adaptera ses mesures de gestion afin de garantir la santé des enfants qui fréquentent ces espaces ». Rappelons que les enfants, au système nerveux en plein développement, sont très vulnérables à cette intoxication au plomb, appelée "saturnisme". Le plomb inhalé ou ingéré peut atteindre le cerveau, le foie, les reins et les os. Une exposition aiguë ou chronique à des niveaux élevés entraîne des troubles digestifs, rénaux, des lésions du système nerveux ou des anomalies de la reproduction. 

Sur 164 enfants testés dans les arrondissements parisiens touchés par la pollution au plomb consécutive à l'incendie, deux dépassent le seuil du saturnisme (50 microgrammes de plomb par litre de sang). L'origine de la contamination de l'un de ces deux enfants est sans rapport avec l'incendie et celle de l'autre enfant, scolarisé à Saint-Benoit, n'est pas encore établie.