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Santé – Sciences

Plan d'action pour les Ehpad : les établissements de Côte-d'Or doutent de son réalisme

mardi 29 mai 2018 à 21:03 Par Lila Lefebvre, France Bleu Bourgogne

La ministre de la Santé présente mercredi son plan d'action pour les Ehpad. Parmi les mesures attendues, la présence d'une infirmière de nuit dans chaque établissement et la création de 20 000 postes supplémentaires en trois ans. Les professionnels de Côte-d'Or ne voient pas comment le financer.

"Les résidents ont avant tout besoin de personnes pour leur parler et leur tenir la main, bien plus que des infirmiers". François Scherer, directeur de la maison de retraite privée La Combe Saint-Victor.
"Les résidents ont avant tout besoin de personnes pour leur parler et leur tenir la main, bien plus que des infirmiers". François Scherer, directeur de la maison de retraite privée La Combe Saint-Victor. © Radio France - Lila Lefebvre

Côte-d'Or, France

Une infirmière de nuit dans chacun des Ehpad, 20 000 postes supplémentaires en France, le tout pour un budget de 430 millions d'euros étalé sur trois ans, c'est ce que devrait présenter la ministre Agnès Buzin ce mercredi. Mais les acteurs du secteur qui suivent ce dossier avec attention estiment ces objectifs irréalistes. 

"Avec 430 millions d'euros, il est impossible d'installer une infirmière de nuit dans chaque Ehapd de France", Corinne Bonvaleau, directrice de l'EHPAD la Saône à Saint-Jean-de-Losne

Le projet prévoit la création de 20 000 postes sur le territoire, et l'instauration d'une infirmière de nuit dans chacun des près de 7000 Ehpad de France. "Sauf erreur de ma part, le calcul ne tient pas, remarque Corinne Bonvaleau, directrice de l'EHPAD la Saône à Saint-Jean-de-Losne, un infirmière en début de carrière coûte près de 44 000 euros par ans, or avec ce plan nous de disposerions que d'environs 20 000 euros par an et par Ehpad. En outre,  pour installer une infirmière en continue chaque nuit, il faut créer l'équivalent de deux postes et demi".   

"Nous ce que nous recherchons surtout c'est plus de poste d'aide soignant en journée", cette directrice subit de plein fouet le manque d'effectifs, son personnel était d'ailleurs en grève à plusieurs reprises cet hiver. "Nous sommes bien loin du quotat un soignant pour deux patients qui est notre objectif pour assurer le bien-être de nos résidents".

"La journée, elles sont trois aide-soignantes pour 25 habitants dans mon Ehpad, ajoute Véronique Becic  aide-soignante, de nuit, à l'EHPAD COS Saint-Philibert à Dijon depuis 17 ans, si on ajoutait quelques postes de soignants la journée tout le monde s'y retrouverait". Plus d'aide-soignants, c'est la priorité selon elle, même si elle reconnait qu'un infirmier de nuit dans chaque Ehpad serait un vrai plus, "je proteste quand je vois qu'on nous demande à nous aide-soignante, de faire des soins réservés aux infirmiers, comme administrer de la morphine"

"Dans mon Ehpad je n'ai pas besoin d'infirmière de nuit", François Scherer, directeur de la maison de retraite privée La Combe Saint-Victor

"Ce plan ne répond pas au spécificité des Ehpad, nuance François Scherer, directeur de la maison de retraite privée La Combe Saint-Victor, mon établissement est dans l'agglomération dijonnaise, je suis très près du CHU de Dijon et l'intervention des secours serait beaucoup plus efficace qu'une présence infirmière dont je ne saurais que faire"