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Santé – Sciences

Plan hôpital : à Pompidou, on dénonce le "foutage de gueule" de la prime à 800 € en Île-de-France

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Par , France Bleu Paris

Une prime de 800 € par an pour les infirmiers et aides-soignants d'Île-de-France : c'est l'une des réponses apportées par le gouvernement mercredi 20 novembre pour calmer la grogne de l'hôpital public. Une prime qui ne satisfait pas les principaux intéressés. Exemple à l'hôpital Pompidou, à Paris.

La future prime de 800 € accordée aux infirmiers et aides-soignants franciliens semble faire l'unanimité contre elle quand on interroge le personnel soignant de l'hôpital Pompidou, à Paris.
La future prime de 800 € accordée aux infirmiers et aides-soignants franciliens semble faire l'unanimité contre elle quand on interroge le personnel soignant de l'hôpital Pompidou, à Paris. © Radio France - Nicolas Fillon

Île-de-France, France

800 € de prime par an pour les infirmiers et aides-soignants d'Île-de-France gagnant moins de 1 900 € nets par mois à partir de 2020.  Cette annonce est l'une des mesures phares du plan hôpital dévoilé par le gouvernement mercredi 20 novembre pour répondre à la mobilisation des personnels hospitaliers. 

Cette prime, qui serait attribuée de manière _"pérenne", concernerait 40 000 personnes selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui la justifie en évoquant "la situation spécifique de Paris et sa petite couronne", à savoir notamment des "coûts de logement très élevés" pour des soignants "soumis à des horaires étendus" et à "une pénibilité des transports"_ importante.

Si le plan hôpital a été diversement apprécié par le monde hospitalier, cette prime de 800 € réservée aux infirmiers et aides-soignants franciliens a carrément été pointée du doigt à l'hôpital public européen Georges-Pompidou de Paris (XVe arrondissement), si l'on en croit les réactions ulcérées des syndicats et personnels rencontrés sur place.

Cette prime, c'est du foutage de gueule (Benoît, infirmier urgentiste)

Croisé lors de sa pause cigarette,  Benoît, infirmier urgentiste de 25 ans, n'y va pas par quatre chemins : "Cette prime, c'est du foutage de gueule ! Nous, en région parisienne, on est plutôt bien lotis par rapport à tous les hôpitaux de campagne, et je trouve que ça n'est pas très valorisant de privilégier les grosses villes et de laisser les petits hôpitaux à côté se débrouiller entre eux, avec peu de moyens."

Le jeune homme, qui travaille à Pompidou depuis un peu plus de trois ans, reconnaît que les 800 € de prime annuelle peuvent servir de levier d'attractivité. Lui en serait bénéficiaire, vu qu'il touche un peu moins de 1 900 € nets en salaire mensuel.  Mais il y a un mais, soufflé par son collègue lui aussi en pause clope : par mois, la prime revient à environ 66 €... "C'est rien du tout, lâche Benoît. Et puis, c'est bien beau de nous donner des primes, mais celle-ci suffit pas pour se loger sur Paris, avec ce qu'on gagne."

Saupoudrage, pansement sur une jambe de bois... Pour Benoît, cette prime n'est pas révolutionnaire. "Aux urgences, on fait grève depuis un petit moment, raconte le jeune infirmier. Des primes nous ont été accordées, certes, mais pour l'instant, tous les collègues n'ont pu en bénéficier. Rien que ça, ça la fout mal. Il y a aussi eu des promesses de postes au niveau des aides-soignants, avec satisfaction les premières semaines. Mais ensuite, plus rien."

Et selon l'infirmier urgentiste, cette prime de 800 €, c'est tout simplement "histoire de cacher la misère". Avec un volet inégalitaire derrière : "Ceux qui sont juste au-dessus de 1 900 € par mois qui n'auront pas le droit à la prime, on leur dit quoi ? Sur quoi on se base pour dire oui à certains et non à d'autres ?"

Et quand on demande ce qu'il souhaiterait à la place, c'est son collègue qui répond tout de go : "Une revalorisation salariale !" C'est ce que réclame avec vigueur Sabrina. 15 ans que cette aide-soignante, syndiquée chez Sud, travaille à l'hôpital européen Georges-Pompidou pour un salaire de 1 500 € par mois. Mais cette prime, elle n'en veut pas.

On veut revaloriser tout le monde ! (Sabrina, aide-soignante et représentante syndicale chez Sud)

"800 € par an ? Autant vous dire que ça ne va pas aider dans la vie de tous les jours, ni pour le loyer ni pour le pouvoir d'achat qui ne fait que reculer, c'est vraiment que dalle, souffle-t-elle. Et puis, cette prime, elle ne compte même pas pour nos retraites. On réclame depuis longtemps que nos salaires, gelés depuis dix ans, soient revalorisés dans la fonction publique hospitalière, notamment à l'AP-HP. On n'est pas pour les primes pour certaines catégories de métier dans certaines régions, mais pour que tout le monde puisse avoir un salaire convenable."

Et l'aide-soignante de 41 ans insiste : "On veut revaloriser tout le monde. C'est pas une catégorie : c'est tout le monde ! Tant que la ministre de la Santé n'aura pas compris ça, ça va être difficile. Alors oui, avec une prime de 800 € pour le personnel francilien, on veut fidéliser, on veut retrouver de l'attractivité pour recruter... Mais là, ce sont tous les métiers qui sont en tension à l'hôpital aujourd'hui. On n'arrive plus à faire tourner les effectifs, on ferme des lits, on restructure et regroupe nos hôpitaux... Tout est bon pour ne pas donner plus et aider le personnel à rester. Là, on est au bout du rouleau."

On l'a bien compris : ce n'est pas ce plan hôpital et cette prime francilienne qui va calmer la grogne du personnel hospitalier. Sabrina en est certaine : "On ne va pas se contenter de ça, on va continuer la grève jusqu'à ce que Madame Buzyn comprenne que l'hôpital ne peut plus fonctionner comme aujourd'hui."

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