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Santé – Sciences

Limoges: plus de 200 personnes mobilisées ce samedi pour défendre l'hôpital public

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Par , France Bleu Limousin

Nouvelle journée de mobilisation pour défendre l'hôpital public ce samedi. A Limoges, la manifestation a rassemblé plus de 200 personnes. Aide-soignants, infirmiers, médecins ou usagers, ils ne sont pas convaincus par le plan annoncé par Agnès Buzyn, la ministre de la Santé.

Place Denis Dussoubs, des massages cardiaques pour un hôpital en état d'urgence absolue.
Place Denis Dussoubs, des massages cardiaques pour un hôpital en état d'urgence absolue. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Limoges, France

Plus de 200 personnes ont défilé dans les rues de Limoges ce samedi à l'occasion d'une nouvelle journée de mobilisation nationale pour la défense de l'hôpital public. Aide-soignants, infirmiers, médecins ou usagers, ils ne sont pas convaincus par le plan annoncé par Agnès Buzyn, la ministre de la Santé. Pour eux, l'hôpital est gravement malade, et c'est au système et à l'organisation qu'il faut s'attaquer non aux symptômes. 

D'abord rassemblés Place d'Aine à 14 heures, les manifestants se sont ensuite dirigés vers la place Denis Dussoubs vers 15 heures.  En blouses blanches, aide-soignants, infirmiers et médecins ont pratiqué des massages cardiaques sur leurs collègues à même le bitume.  Une action très symbolique pour dénoncer un hôpital public en état d'urgence absolue. 

Depuis 10 ans on ne donne pas des moyens à la hauteur des dépenses à l'hôpital public ( Sylvain Palat, médecin )

" Depuis 10 ans on ne donne pas des moyens à la hauteur des dépenses à l'hôpital public" explique Sylvain Palat, médecin au CHU de Limoges, l'un des organisateurs de la manifestation, qui résume les conséquences: "on les voit depuis deux, trois ans : c'est de l'austérité, un manque d'attractivité de l'hôpital et des difficultés à soigner correctement les gens". 

Ca c'est mon quotidien et c'est de la maltraitance  ( Laeticia, aide-soignante)

Ce manque de moyens, Laetitia, aide-soignante, le constate, ou plutôt, le subit au quotidien. "C'est faire manger quelqu'un en dix minutes, faire une toilette en moins de cinq minutes parce que l'on manque de temps, laisser quelqu'un sur une chaise percée parce que l'on a pas le temps de venir le lever" décrit-elle avant de conclure "Ca c'est mon quotidien et c'est de la maltraitance"  

Pour bon nombre de manifestants, le plan de la Ministre de la Santé, Agnès Buzyn soigne les symptômes et non le fond du problème de l'hôpital public en France. - Radio France
Pour bon nombre de manifestants, le plan de la Ministre de la Santé, Agnès Buzyn soigne les symptômes et non le fond du problème de l'hôpital public en France. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

On se rend compte que tout ce que l'on a appris on ne peut pas le pratiquer correctement, et ça nous met une claque dans la gueule ( Valentin, infirmier) 

Une maltraitance que Valentin, jeune infirmier découvre depuis quelques mois seulement. Il constate qu'entre la théorie à l'école et la pratique, il y a, comme qui dirait, un gouffre. " Durant nos trois ans de formation on nous donne des bases sur la bienveillance, sur la bien traitance. Mais quand on travaille on se rend compte que tout ce que l'on a appris on ne peut pas le pratiquer correctement, et ça nous met une claque dans la gueule" explique le jeune homme pour qui le stress, la rapidité peut aussi amener à faire des erreurs. 

Non, ça ne fait pas rêver, quand on voit les difficultés que nos chefs ont pour essayer de soigner les patients avec le manque de personnel  ( Valentin, étudiant en médecine )

Et tout cela joue aussi sur l'attractivité de l'hôpital public. Le manque d'infirmiers et d'aide-soignants oblige parfois à fermer provisoirement des lits, partout en France explique Eric Daverat, cadre de santé. Ce manque d'attractivité se voit également du côté des médecins, car l'hôpital public ne fait plus vraiment rêver les étudiants en médecine comme Valentin: " non, ça ne fait pas rêver, quand on voit les difficultés que nos chefs ont pour essayer de soigner les patients avec le manque de personnel " et l'étudiant en médecine d'expliquer que parfois, ce sont des externes comme lui qui jouent les brancardiers " sauf qu'on est deux, on n'a pas de formation pour diriger correctement un lit, on ne sait pas forcément où se trouve le service. En fait, on sert de remplaçant parce que l'on manque de personnel". 

La manifestation a rassemblé plus de 200 personnes : aide-soignants, infirmiers, médecins ou encore usagers de l'hôpital public. - Radio France
La manifestation a rassemblé plus de 200 personnes : aide-soignants, infirmiers, médecins ou encore usagers de l'hôpital public. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

L'hôpital c'est notre point de départ à tous  ( Sylvain Palat, médecin) 

Pourtant " l'hôpital c'est notre point de départ à tous " souligne  Sylvain Palat : " Il n'y pas que les médecins qui sont formés aux soins à l'hôpital il y aussi toutes les infirmières, les aides-soignantes, tous les autres corps de métiers comme les kinés. Tous les personnels médicaux et non médicaux passent par l'hôpital, donc si il se fragilise et si il se dégrade c'est la formation qui en pâtit ! " alerte celui qui ne croît pas au plan dévoilé par la ministre de la Santé Agnès Buzyn. 

Pour lui, le diagnostic est le bon mais le traitement consiste à soigner les symptômes alors que c'est tout un système qui est à revoir.  Derrière cette colère, cette frustration il y a aussi le sentiment d'être écouté sans vraiment être compris alors que pourtant, selon lui, ce sont bien les personnels, en première ligne, qui ont les solutions pour résoudre la crise que traverse l'hôpital public. 

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