Santé – Sciences

Plusieurs milliers de soignants dans la rue à Toulouse

Par Leila Mechaouri et France Bleu Toulouse, France Bleu Toulouse et France Bleu mardi 8 novembre 2016 à 19:03

Les personnels de santé ont manifesté contre la dégradation de leurs conditions de travail.
Les personnels de santé ont manifesté contre la dégradation de leurs conditions de travail. © Radio France - Leïla Méchaouri

Entre 2300 et 5000 manifestants, selon la police et les syndicats, se sont rassemblés ce lundi pour dénoncer le manque de moyens des personnels de santé à Toulouse.

" Soignants épuisés, patients en danger", pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants. Comme dans d'autres grandes villes de France (Paris, Nantes, Marseille, Lyon, Bordeaux...), plusieurs milliers de personnels soignants, ainsi que des pompiers, sont descendus dans les rues de Toulouse. Ils étaient 2300 selon la police, 5000 selon les syndicats.

Public-privé : "Même combat !"

Les infirmiers, aides-soignants, sage-femmes, kinés etc. ont défilé contre la dégradation de leurs conditions de travail. Ils dénoncent le manque de moyens, les suppressions de postes et la restructuration du monde de la santé prévue par la Loi Touraine. Des manifestants du secteur public comme du privé. "Même combat !, lance Cathy, aide-soignante de nuit dans le service des soins continus à la clinique Saint Jean Languedoc. On sacrifie les patients pour la rentabilité. Si moi j'étais malade, je ne voudrais pas qu'on me soigne comme ça !"

"La boule au ventre" chaque matin - une aide-soignante en clinique

"Ça devient l'usine", poursuit une autre aide-soignante depuis trente ans en clinique. A deux ans de la retraite, elle avoue que c'est aujourd'hui "la seule chose" qui la fait tenir, et continuer à aller au travail chaque matin "la boule au ventre". "Tous les soirs, on refait le match", ajoute avec humour Sandrine, sage-femme depuis 16 ans à Toulouse. La jeune femme travaille aujourd'hui au CHU de Toulouse, où "on est passé de 3500 à 4700 accouchements par an, et l'objectif est d'atteindre les 6000 accouchements d'ici cinq ans". Et ce, sans hausse du personnel. "En garde, on arrive souvent à 18 heures sans avoir rien bu ni mangé, pour rester auprès de nos patientes", conclut sa collègue, désabusée, car la moindre erreur peut avoir des conséquences dramatiques.