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Santé – Sciences

Pollution : la qualité de l'air se détériore-t-elle dans le Nord-Pas-de-Calais ?

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Par , France Bleu Nord, France Bleu

Après dix ans de baisse ou de stagnation de la concentration moyenne de la plupart des polluants, la pollution repart à la hausse depuis deux ans. Spécialistes et médecins s'inquiètent, la mauvaise qualité de l'air étant responsable de 6.500 morts prématurées en Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

La circulation différenciée est mise en place ce mardi pour la deuxième fois de l'année dans la métropole lilloise.
La circulation différenciée est mise en place ce mardi pour la deuxième fois de l'année dans la métropole lilloise. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Lille, France

Depuis ce dimanche, le Nord-Pas-de-Calais fait face à un taux de particules fines particulièrement élevé. Ce lundi, la pollution atteint 10/10 à Lille, Calais, Boulogne, Douai, Lens ou encore Dunkerque selon Atmo, l'association qui mesure la qualité de l'air dans la région.

En conséquence, le préfet du Nord a décidé - pour la deuxième fois de l'année - de mettre en place la circulation différenciée ce mardi de 6h à minuit dans douze villes de la métropole lilloise. La première était le 27 février : "En février, la qualité de l’air en Hauts-de-France s’est dégradée par rapport au mois de janvier. La région Hauts-de-France a connu 3 épisodes de pollution de l’air aux particules en suspension PM10 (inférieures à 10 micromètres) au mois de février" note Atmo.

Selon Atmo, cet épisode de pollution est pour moitié d'origine locale (le trafic routier, les industries, etc.) et pour moitié importé des autres régions et des pays frontaliers. La concentration de particules devrait baisser ce mardi mais rester supérieure au seuil réglementaire.

Lille, palme d'or de la pollution de l'air en 2018

"L'an dernier Lille était le champion de France des pics de pollution !" note Nicolas Meilhan, ingénieur et conseiller au sein de France Stratégie, membre des Econoclastes et spécialiste des particules fines. "A Lille il y a eu 67 pics de pollution aux particules PM2.5, les plus dangereuses pour la santé, contre 41 à Paris."

Selon lui, la qualité de l'air s'est améliorée sur la plupart des polluants depuis dix ans, notamment grâce aux filtres à particules, rendus obligatoires sur les véhicules diesel en 2010 : "les filtres permettent de réduire d'un facteur cent à mille le nombre de particules fines émises". Il plaide pour enlever de la circulation les "dix à quinze millions de véhicules diesel non équipés de filtre à particules, en aidant les gens à acheter des véhicules plus propres".

Tout en soulignant que la pollution est d'abord un problème chronique plus qu'un problème de pic, Nicolas Meilhan explique que la qualité de l'air stagne ces cinq dernières années, voire s'est empirée l'an dernier. "D'une année sur l'autre il peut y avoir plus de pics de pollution, notamment en fonction des conditions atmosphériques."

Atmo note, de même, "une amélioration pour certains polluants depuis dix ans. Pour les particules PM10 et PM2.5 et le dioxyde soufre, les concentrations de 2018 sont inférieures à 2008, mais après trois ans de stabilité, elles augmentent entre 2017 et 2018. L'ozone est en augmentation constante depuis dix ans." Mais nuance : "Les tendances à la hausse ou à la baisse ne peuvent être confirmées que sur plusieurs années consécutives."

Plus de problèmes respiratoires et cardiaques

Arnaud Scherpereel, chef de la pneumologie au CHU de Lille

Cette pollution chronique a des conséquences bien réelles pour la santé pour le professeur Arnaud Scherpereel, chef de la pneumologie au CHU de Lille, et qui exerce depuis près de vingt ans : "Il y a davantage de consultations aux urgences pour les problèmes respiratoires au moment des pics de pollution. Il y a également plus de problèmes cardiovasculaires et d'AVC liés aux pics de pollution. Les particules fines créent des phénomènes inflammatoires au niveau des poumons et dans le reste du corps, notamment au niveau des vaisseaux, ce qui crée ce sur-risque respiratoire, vasculaire et cardiaque lors des pics de pollution. On peut également se découvrir asthmatique tardivement parce qu'on a été trop exposé lors d'un épisode de pollution."

Selon une étude de 2016 de Santé publique France, la pollution de l'air est responsable de 1700 morts prématurées dans la métropole lilloise, et 6500 morts en Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Nicolas Meilhan, ingénieur-conseil énergie et transport pour France Stratégie