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Santé – Sciences

Le principal syndicat de gynécologues menace d'une "grève des IVG", "inadmissible" pour la ministre de la Santé

mercredi 13 mars 2019 à 17:18 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Pour se faire entendre sur un conflit lié aux assurances professionnelles, le premier syndicat des gynécologues de France, le Syngof, menace d'appeler ses adhérents à une "grève des IVG". La ministre de la Santé Agnès Buzyn dénonce une menace "inadmissible".

Le site officiel d'informations sur l'IVG créé en région Midi-Pyrénées.
Le site officiel d'informations sur l'IVG créé en région Midi-Pyrénées. © Maxppp - NATHALIE SAINT-AFFRE

Ils pensent que "faire scandale" peut les aider à obtenir gain de cause. Le Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France, le Syngof, qui est le principal syndicat de la profession, a adressé mardi soir un courrier interne à ses adhérents. Il les appelle à se préparer "à ce que le syndicat vous donne l'ordre d'arrêter les IVG si la ministre de la Santé refuse de nous recevoir", relate franceinfo ce mercredi. "Nous devons faire scandale et être prêt à arrêter la pratique des IVG pour nous faire entendre", ajoute la note.

Une action coup de poing sur fond de conflit lié aux assurances professionnelles

A l'origine de la colère du syndicat, le plafonnement du fonds de garantie de l'assurance professionnelle des praticiens, utilisé pour dédommager les patients lorsque des praticiens sont condamnés suite à un préjudice grave. Dans ce courrier, le Syngof dénonce la "fragilité du papier crépon" du Fonds de garantie des dommages consécutifs à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins (FAPDS) qui "est un leurre" et menace les gynécologues et obstétriciens. 

Le syndicat veut être reçu par la ministre de la Santé Agnès Buzyn et par Marlène Schiappa, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes pour demander l'extension de la protection de ce fonds d'assurance à 15 confrères, dont la condamnation dépasse le plafond de garantie. Par extension, il estime que "nous sommes tous, 15.000 praticiens à risque, menacés par cette fragilité que les pouvoirs publics veulent cacher".

Agnès Buzyn condamne "une menace inadmissible"

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a jugé ce message "inadmissible" ce mercredi. Elle a "condamné" une "prise en otage des femmes".

Pour l'Ordre des médecins, une menace "totalement contraire à la déontologie médicale" 

L'Ordre des médecins a également réagi, ce mercredi. Il "condamne fermement" la menace du Syngof, une menace "totalement contraire à la déontologie médicale", qui "met en cause le droit des femmes, porte atteinte à l'indépendance des professionnels" et "qu'aucun conflit avec les autorités ne saurait justifier."  

Un "délit d'entrave à l'IVG"

Le courrier a été largement dénoncé sur les réseaux sociaux, notamment par l'association Osez le féminisme qui dénonce sur Twitter un "délit d'entrave à l'IVG, contraire à toute déontologie"

Le collectif interassociatif autour de la naissance, le Ciane, se joint à cet appel sur Twitter et s'insurge : "Il s’agit d’un chantage aux soins, n’est ce pas complètement anti déontologique !?"

Pour le magazine féministe Causette, le Syngof "prend en otage les femmes qui ont besoin d'une IVG". 

Osez le féminisme rappelle par ailleurs que le Syngof est dirigé par le gynécologue Bertrand de Rochambeau qui avait qualifié l'IVG d'homicide en septembre 2018 dans un reportage de l'émission "Quotidien" sur TMC.