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Santé – Sciences

Mort d'une patiente au CHU de Poitiers : pour la mère, sa fille a "contracté la rougeole aux urgences"

mardi 13 février 2018 à 19:17 Par Typhaine Morin et Rivière Isabelle, France Bleu Gironde, France Bleu La Rochelle, France Bleu Poitou et France Bleu

La maman de Jessica, cette jeune femme de 32 ans décédée au CHU de Poitiers, estime que sa fille n'a pas pu contracter la rougeole ailleurs que dans l'établissement hospitalier. Selon cette mère, malgré l'épidémie de rougeole que connaît la région, aucune mesure de prévention n'était en place.

La jeune femme qui est décédée était la maman d'un petit garçon de 9 ans
La jeune femme qui est décédée était la maman d'un petit garçon de 9 ans © AFP - GUILLAUME SOUVANT

Poitiers, France

Jessica sortait peu de chez elle. Atteinte d'obésité, cette jeune femme de 32 ans, mère d'un enfant de 9 ans, préférait rester à la maison. Mais voilà, fin janvier, elle n'a plus de nouvelles de son père. Elle lui a laissé son appartement quand il s'est séparé de sa mère et elle est allée vivre chez sa maman avec son fils en attendant. Le père ne donnant pas de nouvelles, les deux femmes appellent les pompiers. 

La mère et la fille conviées à remplir des papiers au CHU 

Ce dernier doit être hospitalisé en urgence. Le SMUR de Poitiers demande alors aux deux femmes de les retrouver à l'accueil des urgences pour effectuer tous les papiers administratifs. 

En arrivant dans le hall d'accueil ce jour-là, Yolande Riquelmé se souvient qu'il y avait beaucoup de monde. 

"Il y avait des tas de gens malades, dont des enfants qui attendaient sur les fauteuils. Mais personne ne portait de masque. Personne ne nous a rien dit", explique la mère de la victime. 

Des malades partout aux Urgences ce jour-là

Entre le 19 et le 22 janvier, le CHU de Poitiers a bien dû faire face à un assaut de rougeole : 10 cas en un week-end. 

Alertée par le CHU, l'Agence régionale de santé a pourtant fait le nécessaire pour rappeler toutes les "personnes contacts", les gens qui de près ou de loin ont approché ces malades de la rougeole. A l'époque, les agents parviennent à recontacter 91 personnes  ainsi qu'une centaine de soignants. Ceux qui n'était pas vaccinés se sont vus proposer des injections en urgence. Les autres, ont été contraints de porter des masques. 

Personne ne nous a contacté pour nous prévenir

Mais Yolande Riquelmé est formelle : "nous n'avons pas été rappelés, ni par l'ARS ni par le CHU de Poitiers." 

"J'aurais aimé pourtant qu'on me prévienne car _ma fille n'était pas vaccinée_. Dans les années 80-86, les autorités nous avaient dit que le ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéole) n'était plus obligatoire ! "explique cette maman dépitée. 

"Si j'avais su, bien sûr que Jessica serait allée se faire vacciner", rajoute-t-elle. "S'ils m'avaient rappelée, on n'en serait pas là !", ponctue la voix grave au téléphone. 

Pourtant les autorités ont rappelé toutes les personnes-contacts

Dans un communiqué,  le CHU de Poitiers reconnaît que la victime faisait partie des cinq personnes qui "ont pu contracter la maladie au contact d'un autre patient de l'hôpital lors de l'apparition des premiers cas", en janvier.

Suite à cet assaut de l'épidémie de rougeole, l'Agence régionale de santé avait tenté de répertorier toutes les "personnes-contact", celles et ceux qui auraient approché les malades de près ou de loin : entre les amis, la famille, et les personnes croisées en salle d'attente ces jours-là, l'ARS a rappelé 91 personnes en tout ainsi qu'une centaine de soignants. 

Les non vaccinés ont eu droit à une vaccination d'urgence. Ceux qui ont refusé le vaccin se sont vus contraints de porter des masques. Mais il faut croire que cela n'a pas suffi.

Vers une procédure ?

L'ARS de Nouvelle Aquitaine de son côté n'exclut pas d'avoir oublié la victime dans le cadre de ses rappels : 

"La victime n'était qu'accompagnante, il est possible que nous soyons passé à côté. Mais il faut étudier ce qu'il s'est passé. Les équipes hospitalières du CHU de Poitiers essaient de comprendre la globalité du processus", précise l'Agence régionale de santé.

Yolande Riquelmé, elle aussi veut comprendre comment sa fille a pu contracter la rougeole à l'hôpital. La mère de la victime n'exclut pas l'idée de lancer une procédure

Jessica n'a pas pu contracter la rougeole ailleurs. 

Pour elle, sa fille n'a pas pu contacter la rougeole ailleurs. 

"Jessica souffrait d'obésité, elle ne sortait jamais, parce qu'elle n'osait pas. La seule fois où elle est sortie, c'est pour accompagner son père et moi au CHU de Poitiers. Il n'y a que là qu'elle a pu contracter la rougeole !" ponctue Yolande Riquelmé dans un sanglot.