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Pour le médecin amiénois Olivier Jardé, l'application "StopCovid" présente suffisamment de garanties

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Par , France Bleu Picardie

Ce mardi, le gouvernement va présenter sa stratégie de déconfinement et ouvrir le débat sur l'outil de traçage numérique "StopCovid" à l'assemblée. Très controversée, cette application mobile doit permettre d'indiquer si l'on a été en contact avec un malade.

Illustration - l'application StopCovid permettrait de savoir si on a été en contact avec un malade
Illustration - l'application StopCovid permettrait de savoir si on a été en contact avec un malade © Maxppp - Maxppp

Ce mardi, le Premier Ministre Edouard Philippe va présenter la stratégie de déconfinement du gouvernement qui sera appliquée à partir du 11 mai prochain. Et les parlementaires vont aussi débattre sur l'outil de traçage numérique "StopCovid". Très controversée en raison de craintes sur la protection des données de santé et le respect de la vie privée, cette application mobile doit permettre de savoir si l'on a été en contact avec un malade. 

Pour l'Amiénois Olivier Jardé, professeur au CHU d'Amiens et membre de l'Académie de médecine depuis 2012, également ancien député centriste et élu au Conseil Départemental de la Somme, l'application "StopCovid" présente suffisamment de garanties. 

  • France Bleu Picardie : Vous avez été consulté en amont du débat parlementaire qui va s'ouvrir demain sur l'application "StopCovid". Pourquoi y êtes-vous favorable ?

Olivier Jardé : Tout d'abord je veux rappeler qu'on est en présence d'un nouveau virus, et qu'on ne le connaît pas. Sur son mode de contamination, au début on a dit que c'était le contact, maintenant on dit que c'est peut-être aéroporté. En réalité la seule chose que l'on sache c'est que l'incubation est au maximum de quatorze jours. Or vous ne vous rappelez plus des personnes croisées pendant quatorze jours. Ça c'est important pour le déconfinement. Alors l'application permet de signaler quand on a été contaminé par quelqu'un que l'on a croisé afin d'être testé et peut-être isolé de sa famille. Alors comme vous je ne veux pas que mes données personnelles finissent chez Google ou Apple. Donc pas de géolocalisation. Il faut que cela se fasse sur la base du volontariat. Qu'il y ait un anonymat et que cela soit limité dans le temps. 

  • Ce traçage numérique interroge, inquiète par rapport à la confidentialité des données de santé. Le patron de l'INRIA, qui développe "StopCovid" assure que tout est fait dans les règles mais dit aussi "que tout système comporte des failles." Ce n'est pas très rassurant ?

C'est sûr que c'est une nouvelle application. Néanmoins, c'est le problème du stockage des données. Il ne faut pas qu'elles arrivent sur le cloud des GAFA comme Google ou Apple. il ne faut pas non plus un cloud d'état. C'est très important et Cédric Ô, le secrétaire d'Etat au numérique partage ma vision. Tout en sachant que tout le monde n'a pas de smartphone, que la Somme est un département où il y a des zones blanches et donc il y a des limites. Mais on est dans une situation exceptionnelle, pour laquelle on ne doit pas perdre nos libertés, c'est certain. Mais l'approche du secrétaire d'Etat au numérique me rassure.

  • Pour que cette application soit efficace il faut un nombre d'utilisateurs suffisant. Or tout le monde n'a pas le téléphone ou la connexion qu'il faut et tout le monde ne souhaitera pas télécharger cet outil. Alors comment fait-on ?

A priori, au niveau épidémiologique, si on a déjà 20% de la population d'un territoire qui est contactée par cette application, c'est déjà intéressant. Moi à titre personnel j'aimerai quand même savoir si j'ai croisé dans la rue, dans les transports quelqu'un qui, à ce moment là ne se savait pas infecté, c'est bien ça le problème et qui va le détecter à posteriori. C'est toujours important de savoir si on a croisé cette personne, en dehors de la limite barrière. C'est important également et c'est pour cela que l'application fonctionnera avec bluetooth plutôt qu'un géolocalisation, c'est à dire au delà d'un mètre. 

  • Comprenez-vous qu'il puisse y avoir de la méfiance ?

Je comprends complètement. Mais c'est un point sur lequel le gouvernement semble très sensibilisé. Il y a une information à faire et elle doit être très claire. Une information qui doit être sans doute incitative mais pas coercitive. C'est à dire qu'on ne va pas obliger par exemple des salariés d'une entreprise à télécharger l'application. 

Olivier Jardé, professeur au CHU d'Amiens et membre de l'Académie de médecine

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