Préavis de grève illimitée des personnels hospitaliers marseillais contre la vaccination obligatoire
Les syndicats SUD Santé de l'APHM et du centre hospitalier Édouard-Toulouse de Marseille appellent à une grève générale. Ils dénoncent la vaccination obligatoire des personnels hospitaliers. Le mouvement débute ce mercredi 4 août à l'APHM et le 9 août à Edouard-Toulouse (15e arrondissement).

Après l’annonce début juillet par Emmanuel Macron de l’obligation de se faire vacciner pour le personnel hospitalier et de l’extension du pass sanitaire aux hôpitaux, les syndicats SUD Santé de l'APHM (Assistance publique-Hôpitaux de Marseille) et du centre hospitalier Édouard-Toulouse, appellent à une grève générale à partir de ce mercredi soir. Ils dénoncent la vaccination obligatoire, mais également les menaces de sanctions (mise à pied sans salaire) et la stigmatisation dont sont victimes les soignants.
"Le monde hospitalier a l'impression d'être jeté en pâture devant la représentation nationale pour dire : regardez les vilains méchants ne veulent pas se faire vacciner", explique le secrétaire départemental adjoint du syndicat Sud Santé 13. "Nous ne sommes pas des anti-vaccins, mais des anti-obligations", poursuit Kader Benayed, pour qui "imposer n’a jamais fonctionné et les menaces de sanctions non plus".
"Depuis le 12 juillet, je ne dors plus." - Yasmina, infirmière dans un hôpital marseillais
Yasmina, infirmière dans un hôpital marseillais, ne décolère pas : "C'est liberticide, Emmanuel Macron doit nous laisser le choix de nous faire vacciner ou non, il doit user de pédagogie pour essayer de convaincre les Français plutôt que de contraindre". Cette infirmière, maman de trois enfants poursuit : " J'ai 47 ans, je suis en pleine santé et là on est en train de me dire : Madame si vous voulez aller travailler, vous devez vous faire vacciner ! Vous ne voulez pas ? Pas de problème, on va vous sanctionner !" Yasmina se dit écœurée et se souvient de l'an passé : "Nous ne sommes pas de la chair à canon, on a répondu présent, la peur au ventre, on était là, et on peut compter sur nous. Est-ce que le gouvernement peut se passer de nous s'il y a une 4e vague, une 5e vague ? Depuis le 12 juillet, je ne dors, plus, je ne sais pas quoi faire... Je ne suis pas anti-vaccin, c'est un bon outil, mes parents et mes beaux-parents sont vaccinés, mais on doit pouvoir choisir, on doit tous pouvoir choisir."
Deux rassemblements annoncés devant les hôpitaux ce jeudi
Choisir, c'est d'ailleurs ce qu'a fait Hervé, infirmier à l'hôpital Édouard-Toulouse de Marseille : "Moi je suis vacciné, je l'ai fait de mon plein gré, quelque chose que j'ai réfléchi, que j'ai mûri." Mais ce soignant vacciné est quand même en grève aux côtés de ses collègues, par solidarité, car "le fait d'imposer cette obligation ça me dérange. En 2020, on applaudissait les soignants. En 2021, on licencie les soignants si pas de vaccination et ça, ça me dérange et ça me rend solidaire."
Deux rassemblements simultanés sont organisés à Marseille jeudi 5 août à 11 heures devant l’hôpital Nord et la Timone.