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Prime versée aux aides à domicile : une entreprise rochelaise oscille entre méfiance et satisfaction

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Par , France Bleu La Rochelle

Emmanuel Macron a annoncé ce mardi le versement d'une prime aux aides à domicile, financée à moitié par l'État et par les départements. À La Rochelle, l'entreprise An'Actif services attendait cette aide financière et cette reconnaissance pour ses salariés qui ont travaillé pendant le confinement.

Isabelle Deldaele emploie une cinquantaine d'auxiliaires de vie et de femmes de ménage en Charente-Maritime.
Isabelle Deldaele emploie une cinquantaine d'auxiliaires de vie et de femmes de ménage en Charente-Maritime. © Radio France - Maïwenn Bordron

Une prime Covid-19 va être versée aux aides à domicile qui ont travaillé pendant le confinement. Emmanuel Macron a annoncé ce mardi que l'État et les départements allaient débloquer une enveloppe de 160 millions d'euros.  La prime doit être versée avant Noël selon le président, elle doit permettre de "reconnaître pleinement" le rôle joué par les aides à domicile pendant la crise.  À La Rochelle, l'entreprise An'Actif service compte sur cette aide financière et cette reconnaissance pour ses salariés. Elle emploie une cinquantaine d'auxiliaires de vie et des femmes de ménage et quinze d'entre eux ont continué à travailler pendant le confinement.

"On a l'impression d'être laissés-pour-compte"

"On se sent un peu les oubliés", lâche Isabelle Deldaele, la responsable de la société An'Actif service, basée à La Rochelle. Pour elle, le gouvernement a mis du temps à reconnaître le rôle des aides à domicile. "On a l'impression, excusez-moi l'expression, d'être un peu de la merde parce que par rapport aux soignants, aux médecins, aux infirmiers, on n'est rien", poursuit-elle.

L'entreprise An'Actif services est basée à La Rochelle mais rayonne à travers la Charente-Maritime.
L'entreprise An'Actif services est basée à La Rochelle mais rayonne à travers la Charente-Maritime. © Radio France - Maïwenn Bordron

Les aides à domicile n'ont certes pas été en première ligne comme les soignants, mais leur rôle a été tout aussi important, rappelle la responsable de l'entreprise An'Actif services. Pendant le confinement, de nombreux proches n'ont pas s'occuper de personnes âgées de leur entourage et les aides à domicile étaient souvent leur seul contact avec l'extérieur. "Nous on est presque la deuxième famille, le confident, le rayon de soleil de ces personnes âgées, on fait tout pour nos bénéficiaires et on n'est pas reconnus", soupire Isabelle Deldaele.

Chaque jour, les quinze salariés qui ont continué à travailler pendant le confinement ont pris des risques. Au cours des quinze premiers jours, la responsable d'An'Actif services n'arrivait même pas à équiper ses salariés en masques. "Tous les jours, j'ai été dans toutes les pharmacies : pas de masques. Donc à un moment donné, j'ai fait appel un peu à tout le monde. J'ai un groupe de danseuses et j'ai une fille qui avait une boîte de masques et ça m'a dépannée pour toutes mes auxiliaires de vie pendant 15 jours", retrace-t-elle. Le conseil départemental de Charente-Maritime a ensuite pris le relais en distribuant des masques.

Il fallait dire aux salariés : n'ayez pas peur alors que nous-mêmes, on n'était pas rassurés du tout.        
Isabelle Deldaele, responsable de l'entreprise An'Actif services

"On entendait tellement de choses diverses et variées sur cette maladie, on ne savait pas trop comment ça s'attrapait donc on disait ce qu'on entendait, mais dès dois deux jours après on entendait l'inverse. Donc on n'était pas très crédibles auprès des salariés", se remémore Isabelle Deldaele.

Selon la responsable de l'entreprise qui emploie des auxiliaires de vie et des femmes de ménage, quinze sont éligibles au versement de cette prime. Mais elle se méfie avant de se réjouir. "Je suis toujours un peu frileuse sur les annonces gouvernementales parce qu'on en a eues tellement pendant le Covid qui se sont avérées fausses. Les intervenantes attendent tellement cette information, si elle est erronée, cela va être compliqué pour nous en tant qu'employeur", prévient-elle. Isabelle Deldalle a prévu un plan B :  elle prévoit de verser elle-même une prime à ses salariés à la fin de l'année. Le montant n'est pas encore fixé mais elle compte au moins organiser un repas en reconnaissance de l'engagement de ses salariés.

En juillet, le département de la Charente-Maritime avait d'ores et déjà officialisé le versement d'une prime avant les annonces d'Emmanuel Macron. Selon Dominique Bussereau, le président du conseil départemental, l'aide gouvernemental va permettre à la Charente-Maritime de souffler. "La charge sera moindre que prévue car cela arrivera à un moment où nos charges vont augmenter", précise-t-il. "Outre toutes les dépenses que nous avons engagées pour le Covid, vont s'ajouter des dépenses supplémentaires de RSA liées à l'évolution de la situation économique et sociale et aux difficultés que nous craignions dans certaines entreprises à la rentrée", affirme Dominique Bussereau.

La prime sera versée à l'automne en Charente-Maritime, elle oscillera entre un montant de 500 euros minimum et 1000 euros maximum en fonction de la situation de chacun et chacune.

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