Santé – Sciences

Qualité de l'eau dans l'Hérault : des traces "significatives" de pesticides dans 37 communes

Par Marie Ciavatti, France Bleu Hérault lundi 30 janvier 2017 à 5:00

93% des communes de l'Hérault ont une eau de très bonne qualité.
93% des communes de l'Hérault ont une eau de très bonne qualité. © Maxppp -

Dans une étude sur la qualité de l'eau du robinet, l'UFC Que Choisir pointe une cinquantaine de communes de l'Hérault où l'eau n'est pas de très bonne qualité. Ces polluants sont en majorité d'origine agricole.

L'UFC Que Choisir publie une étude sur la base de données du linistère de la Santé (prélèvements réalisés entre février 2014 et août 2016). Des résultats encourageants : 95% des communes bénéficient d'une eau de qualité et 93% dans l'Hérault.

Pour les 7% restants, peut mieux faire. Ce sont en général des petites communes rurales où l'eau n'est pas impropre à la consommation, mais contient des traces de pesticides, de nitrates ou du plomb. Cela concerne une cinquantaine de communes de notre département.

Taux de pesticides elevés dans 37 communes

Dans le département, ce sont surtout les pesticides qui posent problème. Ils sont en quantité plus élevée que la moyenne dans l'eau de 37 communes. Des polluants d'origine agricole explique l'UFC Que Choisir. Ailleurs c'est le plomb qui nuit à la qualité de l'eau.

Claude Gaubert, de l'UFC Que choisir dans l'hérault.

Pour 12 d'entre elles, l'association parle d'une eau de "très mauvaise qualité" :

  • Valros
  • Aspiran
  • Saint-Jean-de-la-Blaquière
  • Puéchabon
  • Puisserguier
  • Creissan
  • Pailhès
  • Espondeilhan
  • Servian
  • Montblanc
  • Sussargues
  • Puimisson

Elle est de "mauvaise qualité" dans huit autres communes :

  • La Boissière
  • Murviel-lès-Montpellier
  • Pignan
  • Le Pouget
  • Brenas
  • Puissalicon
  • Vérargues
  • Saint-Georges-d'Orques

L'UFC Que Choisir a réalisé une carte interactive ces communes.

Les maires peuvent modifier les points de forage

Les maires ont bien conscience de la situation. Aspiran par exemple a, depuis quelques mois, deux nouveaux forages. C'est l'un des premiers dossiers pris en main par Olivier Bernardi quand il a pris les rênes de la mairie en 2014.

Aspiran a aménagé de nouveaux forages, car les précédents étaient contaminés par des produits phyto datant d'il y a des années.

À Servian, le taux de pesticides est deux fois supérieur à ce qu'il faudrait pour une eau de très bonne qualité. Pour réduire les émissions de polluants, les viticulteurs se sont engagés à moins traiter. La commune s'est convertie au "zéro phyto", label garantissant l'absence de traitements chimiques dans les espaces communaux.

Elle peut également intervenir quand les taux de pesticides dans l'eau sont trop élevés, en la diluant avec de l'eau acheminée depuis Béziers.

Christophe Thomas, maire de Servian

L'agglomération réfléchit à de meilleurs traitements dépolluants, efficaces mais coûteux et à la charge du contribuable. C'est à l'étude.

Le plomb est signalé en quantité élevée dans une quinzaine de communes, synonyme de canalisations vétustes ou abîmées.

L'eau du robinet, plutôt que les bouteilles

L'UFC Que Choisir souligne malgré tout que ces eaux restent tout à fait potables, sans quoi "l'Agence régionale de santé n'aurait pas autorisé la consommation" dit Claude Gaubert. Simplement "des progrès sont à faire" : mieux choisir les lieux de forage ou changer le réseau par exemple.

"Des niveaux qui mériteraient que les communes concernées fassent des efforts". Claude Gaubert, de l'UFC

L'association rappelle aussi qu'il est de toute manière plus économique et plus écologique de consommer de l'eau du robinet.