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Santé – Sciences

Radioprotection en Bourgogne-Franche-Comté : l’ASN veille au grain

mercredi 6 septembre 2017 à 19:34 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

A Dijon, l’Autorité de sûreté nucléaire a présenté le bilan de son activité en 2016. L’ASN est chargée de contrôler les activités nucléaires civiles. En Bourgogne-Franche-Comté, ce sont dans les deux tiers des cas des activités médicales, imagerie ou radiothérapie.

Photo d'illustration. Un scanner, c'est autant de rayonnements que 300 radios des poumons.
Photo d'illustration. Un scanner, c'est autant de rayonnements que 300 radios des poumons. © Maxppp - Séverine Courbe

Dijon, France

L' Autorité de sûreté nucléaire a réalisé l'an dernier 55 inspections en Bourgogne-Franche-Comté dans des établissements civils, industriels ou médicaux, où des radiations sont possibles. Elle a enregistré par ailleurs 33 événements significatifs, sans conséquence grave. Ça peut être par exemple l’exposition inopinée d’un fœtus à des rayonnements au cours d’un examen médical, quand la femme ignore qu’elle est enceinte. Ou une erreur de manipulation, comme celle qui a valu à trois chercheurs de recevoir plus du quart de la limite de dose annuelle. Mais globalement, l’ASN considère que le niveau de radioprotection dans la région est satisfaisant.

Un scanner équivaut à 300 radios des poumons

Marc Champion, chef de la division de Dijon de l'ASN, note toutefois un secteur où des progrès devraient être réalisés. Dans les blocs opératoires, lors des interventions radioguidées, les 7 inspections réalisées ont mis en évidence que le personnel médical ne respecte pas toujours les protocoles destinés à le protéger des rayonnements. « Les professionnels n’ont pas une vision assez précise des risques auxquels ils peuvent être exposés. Ils ne portent pas toujours les équipements de protection, les tabliers plombés, les lunettes de protection, et les dosimètres ».

Marc Champion, chef de la division de Dijon à l'ASN, évoque les risques pris par les personnels médicaux au cours des interventions chirurgicales radioguidées.

Il préconise donc une meilleure formation des personnels par rapport aux risques encourus. En la matière, les établissements qui emploient un physicien médical font le bon choix. Ce professionnel est de bon conseil pour les mesures de radioprotection, ainsi que pour un réglage optimal des appareils, afin qu’ils ne délivrent que la juste dose de rayonnements. Un scanner par exemple, représente 70% de l’exposition médicale de la population. Un passage dans cet appareil équivaut à 300 radios des poumons. D’où l’appel lancés aux praticiens pour qu’ils ne prescrivent cet examen qu’en cas de réelle nécessité.

Le radon, source naturelle, mais potentiellement dangereuse, de radioactivité

L’ASN est appelée également à mener des inspections dans le domaine industriel. On se sert par exemple d'appareils utilisant des sources radioactives pour contrôler la qualité d'une soudure. On trouve également des substances radioactives sur d'anciens sites abandonnés, comme cette usine qui traitait du minerai d'uranium de 1955 à 1980 à Gueugnon, et dont les résidus imposent aujourd'hui une dépollution des sols, y compris sur une propriété privée, où il a fallu enlever la terre contaminée sur une profondeur de deux mètres.

Et puis il y a des pollutions naturelles. Dans certains secteurs, un gaz radioactif, le radon, émane du sol. Il peut stagner dans les bâtiments, et il n'est pas anodin. Être fumeur et respirer du radon augmenterait de 20% le risque d'être atteint d'un cancer du poumon. Là où ce gaz est signalé, comme en Saône-et-Loire, des mesures sont faites dans des établissements scolaires. Au-delà de 400 becquerels, il faut réaliser des travaux, pour rendre étanches les sous-sols et empêcher les infiltrations de radon, et bien ventiler les locaux. Les nouvelles normes européennes vont bientôt abaisser à 300 becquerels le seuil maximal admis.