Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Réforme du système de santé : qu’en attendent les hôpitaux publics côte-d’oriens ?

mardi 13 février 2018 à 21:05 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

« Le temps des rafistolages est révolu », clame Edouard Philippe. Le Premier ministre veut une réforme globale du système de santé. Il se donne trois mois pour y réfléchir. Il a donné hier les grandes lignes de sa stratégie, notamment pour l’hôpital public.

Le CHU de Dijon. "S'il faut attendre aussi longtemps aux urgences, ce n'est pas parce que les patients en abusent, c'est parce que derrière, l'hôpital est malade", témoigne un urgentiste, qui souhaite rester anonyme.
Le CHU de Dijon. "S'il faut attendre aussi longtemps aux urgences, ce n'est pas parce que les patients en abusent, c'est parce que derrière, l'hôpital est malade", témoigne un urgentiste, qui souhaite rester anonyme. © Radio France - Jacky Page

Côte-d'Or, France

Il faut structurer les soins de ville, dit le Premier ministre, mais c'est aux professionnels, et pas à l’Etan de le faire. Il ajoute qu'il faut tisser des liens entre les soins de ville et l'hôpital. Tout est lié, et au centre hospitalier de la Haute Côte-d'or, ce n'est pas Franck Lameunière qui dira le contraire. Le médecin, explique le syndicaliste, doit être partenaire de l'hôpital, 

Selon le syndicat FO, le CHU de Dijon compterait déjà 20% de contractuels. William Levasseur, secrétaire général adjoint du syndicat, redoute par ailleurs le plan de départs volontaires souhaité par le gouvernement dans la fonction publique. Sur ce point, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, se veut rassurante. Le plan de départs volontaires, dit-elle, ne concerne pas les personnels hospitaliers.

Toujours plus de chirurgie ambulatoire

Autre évolution annoncée : les tarifs hospitaliers intégreront dès cette année une forte incitation à la médecine ambulatoire, pour la chirurgie comme pour la médecine. Le patient est invité à poursuivre les soins chez lui. William Levasseur n'est pas enthousiaste : « ce ne sera pas forcément une bonne chose. L’hôpital se décharge, c’est au détriment du service rendu. Dans les grandes villes, ça ira, à condition d’avoir de la famille, quelqu’un sur qui on peut compter, mais en milieu rural, ça va poser d’énormes problèmes, ça va engorger les services d’urgence. Les gens vont rentrer chez eux, et au moindre souci, ils seront obligés de revenir à l’hôpital ».

Le syndicat par ailleurs dénonce la facturation à l'activité, dont le système rapporte de moins en moins à l'hôpital tout en incitant à multiplier les actes, parfois de manière abusive. Le gouvernement s'en tient sur ce sujet à la promesse d'Emmanuel Macron de "plafonner à 50%" la tarification à l'activité (T2A) des hôpitaux, qui "pousse à une activité sans qualité", admet la ministre Agnès Buzyn. Dans le projet gouvernemental, une équipe d'experts devra proposer d'ici fin 2019 plusieurs nouveaux modèles de financement.

Les regroupements d'hôpitaux toujours à l'ordre du jour

Le gouvernement affiche en outre sa volonté d’ « approfondir » les regroupements d'hôpitaux, sans qu'il s'agisse pour autant, affirme Agnès Buzyn, de fermer des établissements. Mais on peut toujours supprimer des services. Le centre hospitalier de Haute Côte-d'Or regroupe 5 établissements à Vitteaux, Saulieu, Châtillon-sur-Seine, Montbard et Alise-Sainte-Reine. Un centre hospitalier dont les fermetures de services se succèdent. A Vitteaux, l'unité de médecine va fermer le mois prochain. Et on vient d'apprendre qu'avant la fin de l'année, c'est le laboratoire d’analyses médicales, situé à Châtillon-sur-Seine, qui disparaîtra. Franck Lameunière, représentant du personnel CGT, redoute un effet domino sur les urgences: « s’il n’y a plus de laboratoire, si vous n’avez pas rapidement le résultat de l’analyse sanguine pour anticiper la thérapie, les urgences vont être fragilisées ». 

Il faut structurer les soins de ville, dit le Premier ministre, mais c'est aux professionnels, et pas à l'Etat de le faire. Il ajoute qu'il faut tisser des liens entre les soins de ville et l'hôpital. Tout est lié, et au centre hospitalier de la Haute Côte-d'Or, ce n'est pas Franck Lameunière qui dira le contraire. Le médecin, explique le syndicaliste, doit être partenaire de l'hôpital, "mais quand il n'y a plus d'offres de soins à l'hôpital, le médecin se se dit qu'il prend trop de risques par rapport à sa patientèle et il va s'installer ailleurs".