Santé – Sciences

Réimplantation simultanée de deux bras à Grenoble : "Il a fallu que la chaîne fonctionne parfaitement bien"

Par Lionel Cariou, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu vendredi 25 août 2017 à 15:27

L'équipe médicale a donné une conférence de presse ce vendredi
L'équipe médicale a donné une conférence de presse ce vendredi © Radio France - Lionel Cariou

Le 14 août, une Iséroise a eu les deux bras sectionnés dans un accident en gare de Chambéry. Grâce à la rapidité des secours, les chirugiens du Centre SOS main du CHU de Grenoble ont pu lui réemplanter les deux membres. L'équipe médicale a donné une conférence de presse ce vendredi.

C'était le 14 août dernier, en gare de Chambéry : une jeune femme de 30 ans qui tentait de monter dans un train en marche a eu les deux bras sectionnés au-dessus des coudes. La victime a été très rapidement prise en charge par les pompiers et le SMUR ; ses deux bras ont été immédiatement conditionnés dans de la glace. À 17 heurs, soit moins de deux heures après l'accident, cette patiente entrait au bloc opératoire dans le service de chirurgie de la main du CHU de Grenoble. "Il a fallu que la chaîne fonctionne parfaitement bien", note le docteur Denis Corcella, le chef du service.

Une opération exceptionnelle

L'opération, qui a duré 4 heures, a mobilisé une dizaine de personnes réparties en deux équipes dirigées chacune par un chirurgien, les docteurs Michael Bouyer et Billy Chedal Bornu. Les deux équipes ont travaillé en parallèle pour réimplanter chacune l'un des deux membres sectionnés.

On ne réfléchit pas trop : on y va, on fait notre travail. On fait ce qu'on a l'habitude de faire. Par contre, tout se fait en double - Michael Bouyer, chirurgien de la main.

À écouter les médecins, d'un strict point de vue de la technique chirurgicale, il n'y a rien d'exceptionnel. Sauf que ce jour-là, il a fallu accomplir une série impresionnante de gestes. Car ce qui est rare, c'est ce type d'accident.

Il est relativement rare d'être amputé d'un bras et deux bras, ça l'est encore plus souligne le docteur Denis Corcella, le chef du service de chirurgie de la main. Ce n'est pas une exception chirurgicale, technique, c'est une exception de circonstance.

10 jours après l'intervention la patiente se porte bien mais sa rééducation sera longue

Les médecins et le CHU Grenoble Alpes ( CHUGA ) on attendu une dizaine de jours avant de communiquer sur cette première en France afin d'être sûrs que la double réimplantation soit réussie. Il ne peut dans ce cas précis y avoir de phénomène de rejet car il ne s'agit pas d'une greffe mais bien d'une réimplantation. Aujourd'hui, la patiente est toujours hospitalisée. Elle restera à l'hôpital quelques semaines, le temps de la cicatrisation, avant d'entamer un long travail de rééducation.

La rééducation sera extrêmement longue. Il faudra compter en années, avec une récupération qui sera malheureusement imparfaite. La patiente gardera des séquelles relativement importantes notamment dans la motricité fine de la main - Denis Corcella, chef du service chirurgie de la main.

Il est trop tôt aujourd'hui pour dire quel sera son degré de récupération. Néanmoins, deux éléments jouent en faveur de la patiente : la rapidité de l'intervention, et son âge - une trentaine d'années.

Un membre ( supérieur, ndlr ) réimplanté même s'il est peu fonctionnel sera toujours plus performant qu'une prothèse - Michael Bouyer, l'un des deux chirurgiens qui a dirigé l'opération.