Santé – Sciences

Reims : une innovation pour les femmes enceintes

Par Sylvie Bassal, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu jeudi 3 août 2017 à 13:12

Institut de Biotechnologies Jacques Boy à Reims
Institut de Biotechnologies Jacques Boy à Reims © Radio France - Sylvie Bassal

C'est une avancée médicale extrêmement importante. A Reims, après douze années de recherches, l'Institut de Biotechnologies Jacques Boy a mis au point un kit qui va permettre de dépister l'incompatibilité sanguine d'une femme enceinte et de son futur enfant.

Après douze années de recherches et un investissement de deux millions d' euros sur ses fonds propres, l'Institut rémois Jacques Boy a réalisé une avancée médicale de premier ordre pour le confort des femmes enceintes et le budget de la sécurité sociale qui peut espérer économiser neuf millions d' euros chaque année sur des soins "inutiles".

60.000 femmes enceintes traitées inutilement

En France 15% des femmes enceintes sont de groupe sanguin rhésus négatif. Lors de la grossesse, toutes ces femmes sont traitées à l' aveugle pour éviter toute incompatibilité avec leur futur bébé qui serait de rhésus positif. Or, cela ne se produit que dans 60% des grossesses des femmes de rhésus négatif. Le kit, mis au point par les chercheurs de l'institut rémois, après une simple prise de sang, va permettre de connaitre le rhésus sanguin de l' enfant à naître, d'identifier les risques d'incompatibilité sanguine et de ne traiter que ces cas précis. Les risques sont connus : anémie, fausse couche ou mort du fœtus. Il existe aussi des risques de séquelles neurologiques pour le bébé à naître.

Mais chaque année, 60.000 femmes enceintes sont traitées inutilement. On mesure ainsi toute l'importance de cette innovation, dévoilée par le docteur Marc Menu, le président directeur général de l'Institut. La sécurité sociale aussi puisqu'elle a décidé de rembourser ce dépistage depuis le 15 juillet dernier. L'économie annuelle des traitements prescrits jusqu'ici sans discernement est estimée, pour la sécurité sociale, à neuf millions d'euros par an.

Une simple prise de sang

L'institut rémois attend des débouchés en France puisque les dépistages peuvent être désormais systématiquement prescrits, mais aussi en Europe, au Maghreb. La Russie a fait savoir qu'elle était intéressée. Les retombées économiques vont permettre aux chercheurs rémois de l'Institut de Biotechnologies Jacques Boy de finaliser un autre test de diagnostic prénatal, pour dépister la trisomie 21 cette fois. Le test pourrait être homologué dans les deux ans.