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Rémunérations, soins, gouvernance : les principaux chantiers du "Ségur de la santé" pour rénover l'hôpital

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Par , France Bleu

Le "Ségur de la santé", vaste concertation entre responsables syndicaux, collectifs de soignants et gouvernement débute ce lundi. Rémunération, temps de travail, organisation des soins... de nombreux dossiers doivent être discutés.

Un collage "Blouses blanches, colère noire" sur un mur parisien, le 21 mai 2020.
Un collage "Blouses blanches, colère noire" sur un mur parisien, le 21 mai 2020. © AFP - Ugo Padovani / Hans Lucas

Le "Ségur de la santé", du nom de l’avenue parisienne où se trouve le ministère des Solidarités et de la Santé, est officiellement lancé ce lundi. Pilotée par l’ancienne secrétaire générale de la CFDT Nicole Notat, la concertation doit aboutir avant mi-juillet à une "refondation du système de santé" français. Le gouvernement n'a été "ni assez vite ni assez fort" dans la réforme de l'hôpital a reconnu le ministre de la Santé Olivier Véran, promettant des mesures d'"ampleur". Les organisations syndicales et professionnelles, dont une partie a appelé à une nouvelle journée de mobilisation nationale pour défendre l’hôpital public le 16 juin, attendent de voir. Voici ce que l'on sait.

Hausses des salaires 

Le "renouveau" du système de santé passera notamment par une "hausse des salaires à l'hôpital et en Ehpad" a assuré Olivier Véran le 20 mai devant la presse. Les syndicats pointent depuis des années la faiblesse des rémunérations, notamment pour les infirmiers : ces derniers touchent 1.500 euros net en début de carrière, soit l'un des niveaux les plus faibles des pays de l'OCDE.

Pour les infirmiers, l'objectif est d'atteindre un "niveau de rémunération" équivalent "à la moyenne européenne", a indiqué Olivier Véran. Les syndicats militent cependant pour une revalorisation salariale de l'ensemble des personnels hospitaliers.

Temps de travail 

Au programme des discussions également, la réorganisation du temps de travail. Il est nécessaire de remettre en cause les "carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage" a affirmé le ministre de la Santé, déclenchant l'ire de plusieurs syndicats, qui font valoir que de nombreux salariés n'ont jamais pu accéder à la réduction du temps de travail faute d'embauches suffisantes dans les hôpitaux.

La question n'est pas de "déréglementer le temps de travail", a toutefois précisé Olivier Véran, disant vouloir simplement permettre "aux salariés qui le souhaitent" d'organiser "leur temps de travail différemment". Cette réforme correspond à une demande de longue date de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui préconise un"dispositif d'autonomie avancée" pour les hôpitaux, désorganisés selon elle par la réforme des 35 heures.  

"Mieux valoriser les carrières"

L'exécutif a promis de mettre sur la table des discussions la "question des montées en compétences", pour "mieux valoriser toutes les carrières, tous les métiers et développer de nouveaux parcours professionnels". L'objectif est de renforcer l'attractivité des hôpitaux, qui peinent pour beaucoup à recruter et à fidéliser leurs salariés en raison des conditions de travail mais aussi, selon les syndicats, d'une gestion inadaptée des ressources humaines. 

Selon Thierry Amouroux, porte-parole du SNPI interrogé par l'AFP, chez les infirmiers, "30% des nouveaux diplômés abandonnent la profession dans les cinq ans". Dans les hôpitaux, des milliers de postes sont vacants. Cette situation oblige les hôpitaux à fermer des lits ou bien à embaucher des intérimaires. Un choix souvent coûteux, les intérimaires profitant parfois de la pénurie pour exiger des rémunérations supérieures aux grilles salariales.  

Un nouveau modèle économique pour l'hôpital ?

"Notre système de santé n'est pas encore assez centré sur le patient, sur son parcours. Il n'est pas assez performant non plus dans son pilotage", a dit Olivier Véran, appelant à revoir la gouvernance. A ce stade, le gouvernement n'a pas précisé les réformes concrètes qu'il entendait mettre en oeuvre. Mais il a promis de combattre la "suradministration", en donnant plus de poids aux "médecins". 

L'exécutif pourrait ainsi réformer un peu plus la tarification à l'activité (T2A), instaurée en 2003. Ce système, qui fixe les ressources des hôpitaux en fonction des actes effectués, est souvent accusé de pousser à la "course au volume". Il pourrait aussi mettre un coup d'arrêt aux fermetures de lits, très critiquées par les hospitaliers : en l'espace de 20 ans, près de 100.000 lits ont été supprimés dans les cliniques et hôpitaux. 

Un "plan massif d'investissement" pas encore chiffré

Emmanuel Macron a enfin promis "un plan massif d'investissement" à l'issue de la crise. Destiné notamment à renouveler le matériel, il concernera à la fois les hôpitaux et les Ehpad, a précisé Olivier Véran, sans indiquer le montant de l'enveloppe allouée. 

La question de la dette des hôpitaux, aujourd'hui proche de 30 milliards d'euros, et au cœur de multiples discussions entre l'exécutif et les fédérations hospitalières, pourrait également revenir sur la table. Dans le cadre du "plan hôpital" décidé à l'automne 2019, le gouvernement avait annoncé une reprise de dettes "massive" de 10 milliards d'euros sur trois ans. Lors du Conseil des ministres mercredi, Olivier Véran a évoqué un "effort de 13 milliards d'euros".

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