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Santé – Sciences

Rencontre entre le CIVB et des associations anti-pesticides à Bordeaux : des terrains d'entente... et des divergences

vendredi 9 mars 2018 à 21:13 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde

Les responsables du CIVB et ceux du collectif anti-pesticides ont discuté pendant deux heures et demi ce vendredi après-midi à Bordeaux. S'ils sont d'accord sur l'objectif, ils divergent en revanche sur les moyens : pas question pour l'Interprofession de contraindre les viticulteurs.

Lors de discussion entre les responsables du CIVB et du collectif anti-pesticides
Lors de discussion entre les responsables du CIVB et du collectif anti-pesticides © Radio France - Pierre-Marie Gros

Bordeaux, France

C'était la première fois qu'ils se retrouvaient en face à face pour une discussion de fond : la rencontre entre d'un côté, les responsables du CIVB , le Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux, et de l'autre, les membres du collectif anti-pesticides, a duré deux heures et demi ce vendredi après-midi à Bordeaux, autour de la question centrale : comment sortir des pesticides ? 

10 points étaient à l'ordre du jour, des questions précises posées par les associations. Le dialogue a été parfois tendu, souvent très technique, mais tous à la sortie reconnaissaient quelques avancées. 

Les échanges ont été dynamiques. Le plus positif est de voir que nous partageons les mêmes objectifs, qui est de mieux protéger les viticulteurs, les salariés et les riverains. La prise de conscience est forte, elle est réelle. Nous sommes engagés dans des actions, et nous continuons de travailler. — Allan Sichel, le président du CIVB 

Même son de cloche du côté des associations. 

Cette réunion n'aura pas été inutile. Nous avons entamé le dialogue avec le CIVB, qui pour la première fois nous a ouvert ses portes, et nous avons porté haut la voix des ouvriers et des habitants des communes viticoles. — Marie-Lys Bibeyran, de l'association Info Médoc Pesticides

Allan Sichel et Bernard Farge, président et vice-président du CIVB  - Radio France
Allan Sichel et Bernard Farge, président et vice-président du CIVB © Radio France - Pierre-Marie Gros

Des points de convergence, mais pas sur tout 

Quelques points de convergence sont apparus, comme la nécessité, comme le veut la loi, de mieux informer les salariés viticoles des risques encourus, ou de mieux informer les riverains lors des périodes de traitement des vignes. Mais de gros points de divergences demeurent, notamment sur la méthode pour sortir des pesticides.

Nous ne sommes pas d'accord sur le temps dont on dispose pour y arriver, car nous sur le terrain, nous voyons qu'il y a urgence. — Marie-Lys Bibeyran 

"Il y a urgence à agir" Marie-Lys Bibeyran, d'Info Médoc Pesticides

Le CIVB souligne qu'en 5 ans, l'utilisation des produits les plus dangereux - les CMR, les produits Cancerigènes,  Mutagènes et Reprotoxiques - a baissé de 55% dans le vignoble bordelais. Mais pas question de contraindre les viticulteurs. 

Nous n'avons pas le pouvoir d'obliger, ni d'interdire. Donc notre volonté c'est d'inciter les viticulteurs d'aller vers des pratiques plus respectueuses de l'environnement, et sans danger pour les hommes. — Allan Sichel 

"L'incitation, mais pas l'obligation " Allan Sichel, président du CIVB

Marie-Lys Bubeyran et Valérie Murat, du collectif anti-pesticides  - Radio France
Marie-Lys Bubeyran et Valérie Murat, du collectif anti-pesticides © Radio France - Pierre-Marie Gros

Le bio, la solution ? 

Les associations ont plaidé également pour un passage de tout le vignoble bordelais en bio.

Le bio et la biodynamie travaillent avec des produits bio non classés, c'est à dire pas dangereux pour la santé de l'homme. Le conventionnel travaille avec une majorité de molécules qui sont toxiques, et donc mortelles. Voilà pourquoi il y a urgence et évidence sanitaire. — Valérie Murat, de l'association Alerte aux Toxiques

Une solution rejetée par l'Interprofession. 

Il n'y a que 7% du vignoble bordelais aujourd'hui en bio. Dire qu'il faut transformer les 93% restants en bio est une mauvaise idée, car beaucoup de viticulteurs ne maîtrisent pas ces techniques, qui constituent une prise de risque forte. Tous les vignobles doivent progresser, les bios et les non-bios. — Bernard Farge, vice-président du CIVB. 

"Les mêmes objectifs, mais pas d'accord sur tout"

Le CIVB n'est pas d'accord notamment pour que toutes les vignes autour des écoles passent aux puvlérisations bios, autre demande des associations.

Les deux parties ont promis de se revoir dans le cadre du comité de suivi de sortie des pesticides que veut mettre en place le CIVB, "avant la campagne 2018", a promis le président Sichel.